NOTRE HISTOIRE 

15 Novembre 2019

Aux sources de la Démarche Fraternité

« Vous êtes nos maîtres
et nous serons vos serviteurs »

Tous les Vincentiens connaissent ces admirables paroles écrites par Frédéric Ozanam qui sont l’écho de celles de saint Vincent de Paul, notre Saint Patron, et qui sont à l’origine de la Démarche Fraternité de nos fondateurs.

La Démarche Fraternité de la SSVP, a mûri avec le temps, l’expérience et le développement des Conférences de Charité. Frédéric Ozanam a retracé lui-même les premières années de la fondation, son évolution et son extension à Léonce Curnier dans une lettre en 1848 : « vivre une charité effective… partager une vie authentiquement fraternelle… s’engager pour réformer les structures sociales injustes. »
Cette démarche fraternité a d’abord été la possibilité pour des laïcs de réaliser leur vocation en témoignant de leur foi par des œuvres effectives, puis elle s’est enrichie de l’expérience de la rencontre où chacun donne et reçoit par un chemin de confiance et où l’on prend soin des âmes et des corps.

Le souci des plus démunis

Dès le début, nos fondateurs et leurs amis ont l’ardent désir de se mobiliser pour une naissance nouvelle du christianisme et se sont mis à l’œuvre dans ce Paris des « miséreux » qu’ils visitent à domicile « en montant des escaliers obscurs » dans le quartier Mouffetard, le plus pauvre de Paris. Puis, ils s’occupent des orphelins apprentis et vont dans les prisons. Ils ouvrent des bibliothèques et donnent des cours pour les conscrits et des conférences pour les ouvriers…
Ils créent les Conférences de Charité à Paris le 23 avril 1833, à Saint-Étienne du Mont, Saint-Sulpice et Saint-Philippe du Roule. Ils quittent ensuite Paris pour la vie professionnelle et créent des Conférences en province. Frédéric Ozanam en crée à Lyon et dans le monde, en visitant l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne…

 Il suffit d’un fil pour commencer une toile. C’est en commençant humblement qu’on peut arriver à faire de grandes choses… 

 

Le soin des corps et des âmes

Cette mission première devient ensuite l’accompagnement amical : la confiance s’établit au cours de la rencontre, là où les pauvres ont besoin d’une présence chaleureuse, au moment où la solitude et le dénuement se font plus pénibles.

« La charité », écrit Frédéric Ozanam, « est une tendre mère (…) qui ne songe plus à elle-même et qui oublie sa beauté pour son amour ».
Jules Devaux raconte que sœur Rosalie lui « donna une liste de pauvres à qui » il dut  «porter des bons de pain et quelques paroles affectueuses. » Il relate aussi : « J’avais peine à quitter ces braves gens si contents de me voir (…) et qui me racontaient avec tant de confiance leurs souffrances. » La famille « qui échut en partage à Frédéric Ozanam offrait le spécimen d’une misère morale pire encore que d’autres (…) Il ne tarda pas à faire une double assistance : matérielle et morale. »
Un jour, Frédéric Ozanam gravement malade continua de visiter des familles :
« Que de fois, inquiet sur ma santé mal affermie, je suis entré plein de tristesse dans la demeure du pauvre… et là, à la vue de tant d’infortunés, j’ai rendu grâce à ce malheureux qui m’avait consolé et fortifié. 
»
Dans ces exemples, on peut voir déjà l’idée de la démarche fraternité à venir de la Société.

Les fruits de la rencontre

Dans la durée, les Vincentiens et les personnes qu’ils accompagnent s’enseignent autant qu’ils s’accueillent et parfois cheminent spirituellement. François Lallier en 1837, écrit dans une circulaire aux Conférences : « Bien souvent, le confrère s’enrichit davantage de ce qu’il entend, qu’il n’enrichit l’autre de ce qu’il dit. »

Mais ils mesurent combien est difficile d’apporter aux pauvres les lumières de la foi, car « cette démarche doit être précédée d’un secours matériel sans le préalable duquel la Parole de Dieu est inau’dible » recommande Saint Vincent de Paul. Et Frédéric Ozanam, bien conscient, ajoute : « Combien faudrait-il, à présent de charité, de dévouement, de patience pour guérir les souffrances de ces pauvres peuples plus indigents encore que jamais, parce qu’ils ont refusé la nourriture de l’âme en même temps que le pain du corps venait à leur manquer ? ».

L’apostolat de la charité est-il aussi un défi pour nos contemporains ?

Comme le rappelle Frédéric Ozanam, seule l’initiative divine peut faire des miracles : « Dieu qui rapproche les nuages pour en faire jaillir la foudre est aussi celui qui rapproche les âmes quand il lui plaît. » Cependant, nous révèle aussi l’évangile : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Matthieu 25, 40).
Le père Lacordaire, ami des fondateurs, a dit que « cette parole a mis au monde la fraternité chrétienne et chaque jour enfante l’Amour. »

Références

• Lettres de jeunesse tome1 de Frédéric Ozanam à L. Janmot, F. Lallier,
L. Curnier N° 73-82-90 en 1834 et 1835
• Rapport de M. de la Noue : Lettres de jeunesse tome 6 N°14577
• Actes du colloque « La charité de
saint Vincent de Paul, un défi », sept. 2017

Références

• Lettres de jeunesse tome1 de Frédéric Ozanam à L. Janmot, F. Lallier,
L. Curnier N° 73-82-90 en 1834 et 1835
• Rapport de M. de la Noue : Lettres de jeunesse tome 6 N°14577
• Actes du colloque « La charité de
saint Vincent de Paul, un défi », sept. 2017

EN SAVOIR +

Le fruit de nos rencontres avec les pauvres : la parabole des Gobelins

La visite à la Manufacture des Gobelins, inspirera à Frédéric Ozanam cette superbe parabole : « Nous sommes tous comme les ouvriers des Gobelins qui, suivent les plans d’un artiste inconnu, s’appliquent à assortir les fils de diverses couleurs sur le revers de la trame. Ils ne voient pas le résultat de leur travail. C’est seulement quand tout est terminé qu’ils peuvent admirer à l’aise ces fleurs, ces figures, ces scènes splendides et dignes du palais des rois. Ainsi de nous : nous travaillons, nous souffrons ici-bas sans voir le terme ni le fruit. Mais Dieu le voit, et, quand il nous relève de notre tâche, il montre à nos regards émerveillés, ce que Lui, le grand artiste, invisible et présent partout, a fait de toutes ces fatigues et qui nous semblent si stériles, et il daigne placer dans son grand palais ces faibles œuvres de nos mains. »

Mais ils mesurent combien est difficile d’apporter aux pauvres les lumières de la foi, car « cette démarche doit être précédée d’un secours matériel sans le préalable duquel la Parole de Dieu est inau’dible » recommande Saint Vincent de Paul. Et Frédéric Ozanam, bien conscient, ajoute : « Combien faudrait-il, à présent de charité, de dévouement, de patience pour guérir les souffrances de ces pauvres peuples plus indigents encore que jamais, parce qu’ils ont refusé la nourriture de l’âme en même temps que le pain du corps venait à leur manquer ? ».

L’apostolat de la charité est-il aussi un défi pour nos contemporains ?

Comme le rappelle Frédéric Ozanam, seule l’initiative divine peut faire des miracles : « Dieu qui rapproche les nuages pour en faire jaillir la foudre est aussi celui qui rapproche les âmes quand il lui plaît. » Cependant, nous révèle aussi l’évangile : « Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Matthieu 25, 40).
Le père Lacordaire, ami des fondateurs, a dit que « cette parole a mis au monde la fraternité chrétienne et chaque jour enfante l’Amour. »

Philippe Menet, bénévole à la SSVP

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