
Mon fils Georges, rentré la veille des États-Unis où il poursuit ses études, se trouvait seul dans l’appartement familial à Achrafieh. Il attendait confiné le résultat du test PCR. À sa demande, nous sommes restés loin de lui, à la montagne. Cette demarche s’est avérée salvatrice pour toute la famille. Il était dans sa chambre quand soudain, tout a basculé. Il s’en est sorti avec des dizaines de point de suture, choqué, mais vivant.
Réagir dans la détresse
La détresse des gens est poignante, l’incompétence des dirigeants douloureuse, leur silence assourdissant… Mais les Libanais sont combatifs par nature et tout chrétien ne peut renoncer à l’espérance. Malgré les blessures et le chagrin, la SSVP, comme toutes les associations, s’est mobilisée pour aider et pallier l’absence de l’État.
La place principale du quartier d’Achrafieh a été prise d’assaut par plusieurs ONG qui ont dressé des tentes pour assurer les premières aides : des plats chauds, une écoute…
Les bénévoles de toutes les Conférences sont venus prêter main forte : balayer, nettoyer, envoyer des camions de fruits et légumes, de denrées alimentaires, de vêtements, aider financièrement. Les initiatives personnelles se sont multipliées.
Un soutien indéfectible de la France
De France sont venus un élan de générosité et une organisation admirable. À travers les quêtes dans les paroisses françaises, les aides des Conférences, du Conseil national de France, du Conseil Général International, c’est la SSVP dans le monde qui a aidé la SSVP à Beyrouth. Le Président Macron a visité deux fois le pays. Un navire est arrivé avec plein d’aides de toutes sortes distribuées aux ONG. Une équipe de Vincentiens qui ont répertorié les maisons des bénéficiaires les plus touchés ont effectué des travaux grâce aux dons reçus. Cette explosion porte le coup de grâce. Il est vrai que Beyrouth est le lieu du drame, mais toutes les villes, tous les villages du Liban se meurent. Plus de la moitié des Libanais vivent sous le seuil de pauvreté. Le Liban en grave crise économique connaît actuellement une très forte émigration de ses jeunes. Ce pays des cèdres, longtemps comparé à un phœnix qui renaît de ses cendres, se relèvera-t-il encore ?