UNE MATINÉE…
Avec les bénévoles de la Bonne Soupe

À Périgueux (24), des équipes de bénévoles de la Société de Saint-Vincent-de-Paul assurent la confection et la distribution des repas pour les plus démunis, midi et soir. Un accueil bienveillant pour les bénéficiaires qui n’ont qu’à donner leur prénom pour récupérer le menu du jour.

Par Titia Carrizey-Jasick, journaliste – Crédit photo : © SSVP – Titia Carrizey-Jasick

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9 mai 2022

 

7 H

 

8 H 

 

9 H 30

 

10 H 

 

10 H 30

 

12 H 30

7 H

Henri Kadi ouvre la maison de la rue Lamartine, située dans un quartier résidentiel, sur laquelle a été apposé un simple panneau : « La Bonne Soupe ». Président de l’association, Henri fait partie de son noyau fondateur. Il prépare le café en attendant l’équipe du jour.

Sans la Bonne Soupe,
je ne mangerais pas !

8 H

L’équipe est presque au complet. Gilbert est arrivé avec une caisse remplie des surplus de la Mie Câline : viennoiseries, sandwichs, pâtisseries. Un autre bénévole a apporté le pain donné par la boulangerie Girard et Jean-Luc a fait une halte à la SPA pour récupérer des sacs de croquettes pour les chiens des bénéficiaires.
Catherine, Françoise et Anne-Christine ont mis leur tablier et animent la cuisine. « Au début, on avait un réchaud sur pied et une bassine, expliquent-elles. Maintenant, nous avons du matériel professionnel grâce aux dons et aux aides financières. »

9 H 30 
En avançant dans la matinée, les arômes se font appétissants. Les petits légumes mijotent, la soupe frémit, la salade se prépare, entre autres, en cuisinant et en reconditionnant les portions individuelles en surplus de l’hôpital de Périgueux, avec lequel l’association est sous convention. « Nos cuisinières sont des fées », clament les hommes de l’équipe.

10 H 
Henri a fini la vaisselle et Claudine prépare les portions de salade. Jean-Bernard finit l’épluchage des pommes. À l’autre bout de la salle, une petite pause-café est mise en place pour les amateurs. Les bénévoles sont en grande majorité retraités et venu d’horizons professionnels divers : les sujets de conversation ne manquent pas.

EN SAVOIR +

DES VALEURS COMMUNES

Si quelques bénévoles de la Bonne Soupe sont Vincentiens – à l’image de Gilbert, président des équipes de la Société de Saint-Vincent-de-Paul (SSVP) de la Cité, Coulounieix et Saint-Martin à Périgueux, ou encore de Catherine, Françoise et Anne-Christine de l’équipe de la SSVP de Château-l’Evêque – l’association se réclame non confessionnelle. « Ce qui anime la cinquantaine de personnes qui se relaient en cuisine, chaque jour de la semaine, ce sont des valeurs communes » explique Gilbert. Des valeurs mises en avant dès la création de l’association, en 2015, pour faire face à l’urgence, et qui est accueillie « par l’opération du Saint-Esprit » dans une maison léguée à l’Évêché par le père Jean Briquet, vicaire général du diocèse.

10 H 30

Les deux premiers bénéficiaires sont déjà devant le guichet. Le jeune homme ne voit pas d’issue à sa situation : « Cela fait deux ans que je suis sorti des radars du système. Je n’existe plus ! Je ne vois pas comment manger autrement. » 

« Avant le printemps 2020, nous servions une trentaine de repas à table, poursuivent les bénévoles. Mais nous avons dû changer de protocole avec la pandémie et l’augmentation des besoins. Pendant le confinement, nous étions les seuls à assurer l’aide alimentaire dans le quartier. Nous voyons bien que c’est de plus en plus difficile pour les jeunes de la rue, mais également pour les étudiants, les femmes seules et les retraités. »

Quelques habitués de longue date discutent un peu au guichet et tous peuvent être dirigés vers « les Éducateurs du chemin » (pour les jeunes de la rue), des assistantes sociales, des infirmières psychologues, et d’autres centres d’accompagnement s’ils en font la demande. 

12 H 30

C’est l’heure du coup de balai et des comptes. Ce mercredi, ils étaient 83. La veille, le cahier listait 86 prénoms… 97 pour le lundi. Les membres de l’équipe se retrouveront le lendemain et les prochains jours pour accueillir et servir la bonne soupe.

© SSVP – Titia Carrizey-Jasick

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