Sept conseils pour aider une personne
éloignée du numérique

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1 Pas besoin d’être geek

Pour aider une personne éloignée du numérique, non seulement il n’est pas nécessaire, mais bien souvent, il n’est pas même souhaitable d’être expert. Ce qui compte, c’est d’établir une relation apaisée, bienveillante. La fraternité, l’accompagnement, ce n’est pas d’être un sachant, c’est de faire avec, humblement, sans se mettre soi-même sur un piédestal surplombant.

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2 Lisez entre les lignes

Il peut être très difficile, pour une personne souffrant d’illectronisme, de demander de l’aide. Malheureusement, la honte et le sentiment de déclassement qui accompagnent la précarité numérique isolent ceux qui en sont victimes. N’attendez pas qu’on vous demande de l’aide, soyez force de proposition !

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3 Trouvez le bon levier de motivation

Commencez par former la personne sur les usages qui changeront significativement son quotidien. Il vaut mieux commencer par des services simples, ludiques, comme les moyens de communiquer avec des proches à distance.

 4bis 4 Ne réinventez pas la roue

Inutile de vous casser la tête à concevoir des dispositifs de formation. Ils existent déjà et sont disponibles gratuitement, par exemple sur :
Les Bons Clics :
www.lesbonsclics.fr/fr
Emmaüs Connect :
www.emmaus-connect.org/notre-action
Mes droits sociaux :
www.mesdroitssociaux.gouv.fr/accueil
 

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5 Rien ne sert de courir

Si votre objectif consiste à sortir une personne de la précarité numérique, il faut accepter que cela va prendre du temps. Si vous vous découragez, vous prenez le risque de faire vivre un nouvel échec à cette personne qui a déjà perdu confiance en elle. Soyez donc patient.

 6bis 3 Dédramatisez les erreurs

La quasi-totalité des opérations informatiques sont réversibles. En réalité, se tromper sur un outil numérique permet souvent de découvrir de nouveaux chemins et de développer sa connaissance. Encouragez la curiosité de trouver des solutions plutôt que le strict respect d’une procédure rigide.

 7bis 7 Sensibilisez aux vrais risques

Le numérique comporte certains risques tels que les arnaques, les piratages, les addictions… Sitôt la confiance de l’usager retrouvée (pas avant), enseignez-lui la vertu de prudence pour utiliser les outils numériques en toute sérénité.
Dominique Didon Bénéficiaire des ateliers numériques proposés par l’équipe des jeunes de la Société de Saint-Vincent-de-Paul de la paroisse Saint-Pierre-de-Montrouge, Paris 14e ©DR « J’ai repris des études très tard et je ne savais pas comment manipuler un ordinateur. Quand on ne sait pas faire, on a peur d’être jugé, mais il ne faut pas : rien n’est perdu, toute sa vie on apprend et les jeunes sont là pour nous aider. Quand je suis au travail et que je me trouve bloquée pour faire quelque chose, j’en prends note et j’amène mon problème à l’atelier suivant. J’ai toujours obtenu les réponses que je cherchais. Je suis fière de mes progrès ! Je n’avais aucune base : je ne savais pas taper, insérer des documents ou des photos… et j’ai tout appris ici. Mes enfants n’auraient pas eu la patience de me former. »
Bernard Laurent Président de l’équipe de la Société de Saint-Vincent-de-Paul de la paroisse Notre-Dame de l’Assomption, Paris 16e ©DR « Nos ateliers s’adressent à des personnes qui ont besoin d’un titre de séjour et que l’on aide électroniquement : on les inscrit à France Connect, on leur explique leur situation… On reçoit aussi des jeunes qui cherchent un emploi ou un stage, des gens qui ont besoin d’un écrivain pour répondre à l’administration, certains qui veulent réserver un billet d’avion, d’autres qui désirent s’adresser à un avocat, les demandes varient. Et on profite de ces ateliers pour brasser les générations, les origines et, pour ceux qui ne fréquentaient pas la paroisse, leur faire découvrir le monde de l’Église et le patronage. »
Mamadou Oury Bah Bénéficiaire et bénévole Emmaüs Connect, Lille (59) ©DR « J’ai bénéficié de l’aide d’Emmaüs Connect pour acquérir du matériel informatique reconditionné. Je suis à l’aise avec les usages numériques : je suis universitaire, je détiens deux mastères d’économie. J’ai entendu, dans le cadre de mes études, parler de la fracture numérique, je sais qu’il y a un enjeu. Ça m’a donné envie d’aider. Les compétences et les besoins diffèrent : certains, par exemple, ne savent même pas aller chercher un numéro dans leur répertoire téléphonique. Ça n’est pas forcément une question d’âge. En ce moment, je me forme aussi au reconditionnement de matériel, ce qui constitue, pour moi, une plus-value. »

Brigitte Dubois
Inscrite à l’association Découverte informatique, Bray-Dunes (59)

©DR
« Quand je travaillais, je n’avais pas le temps d’approfondir le numérique. Maintenant que je suis retraitée, j’essaie de garder une communication sociale avec tout le monde. L’outil informatique, ça permet d’être indépendant. Quand on ne le maîtrise pas, on dépend toujours de l’un ou de l’autre, que ce soit pour les démarches administratives ou pour accéder à toutes sortes d’informations, notamment culturelles. J’ai la chance d’avoir l’association DIBD à côté de chez moi. J’y ai rencontré des formateurs pédagogues et qui prennent leur temps. Certains sont assez âgés et ils font preuve d’une patience admirable. »

SUITE DU DOSSIER "Fracture numérique et sociale : comment lutter contre les inégalités ?"

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