Identifier les besoins
sans jamais s’oublier soi-même

Lorsqu’on souhaite pratiquer la visite à domicile, on doit à la fois sourcer
les besoins du territoire, mais aussi identifier les ressources permettant
de perfectionner sa pratique et de déposer sa charge psycho-spirituelle
pour tenir dans la durée.

Identifier Les Besoins Table

Jeanne-Marie de la Fortelle
Lycéenne et membre de la Conférence de Courbevoie (92)

©DR
« Je rends visite à un petit garçon autiste de 4 ans. Au départ, avec les personnes autistes, c’est difficile d’entrer en relation. Mais je pense que, maintenant, il me reconnaît. Quand j’entre dans la pièce, il chante une chanson qu’il a associée à moi. Il est beaucoup plus expressif : il sourit, émet quelques mots, rires, je reconnais certaines de ses réactions, certains de ses regards… Ça me rend heureuse de le voir évoluer. Chaque progrès que j’observe est pour moi extraordinaire et me fait me sentir vraiment utile. J’en parle beaucoup autour de moi, je montre des photos, je partage mon enthousiasme. »

Pascaline Moinet
Accompagnée par ATD Quart Monde (93)

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« Mon fils était placé depuis peu à la suite d’une série de difficultés qui nous ont conduits, mon mari et moi, à la rue. ATD Quart Monde nous a permis de l’emmener en vacances à la montagne. C’est comme ça qu’on s’est liés d’amitié avec les bénévoles qui nous ont aidés à entreprendre des démarches pour retrouver un emploi et un logement. Leur présence attentive, sans jugement, nous a permis de retrouver confiance en nous et de récupérer la garde de notre enfant. J’ai compris que, même si j’étais tombée bas, ça n’était pas forcément définitif. C’est dur d’être rejeté par la société, par la famille. Il a fallu se reconstruire en tant que parents, que couple. »

 


Marie-Christine Gentil
Membre de la Conférence de Rouffignac-St-Cernin-de-Reillac (24)

©DR
« En Dordogne, on voit arriver des jeunes sans travail, parfois sans ressources. La pauvreté s’aggrave. L’alcoolisme aussi. Alors on s’adapte. On a par exemple accompagné pendant quatre mois un homme de 42 ans, alcoolique, dans tous ses rendez-vous d’addictologie, en lien avec les institutions et organismes compétents. Il nous a dit que notre présence bienveillante lui avait redonné confiance en l’être humain, qu’être enfermé pendant trois semaines de sevrage, avec un traitement médicamenteux et sans contacts, il ne s’y serait pas résolu sans nous. Pourtant c’était un rebelle, mais je pense qu’on lui a redonné espoir. »

Marie-Noëlle Perrin
Directrice communication du groupement d’EHPAD Monsieur Vincent (75)

©DR
« Quelques bénévoles viennent rendre visite aux résidents de nos EHPAD pour rompre leur solitude et leur amener de « l’extérieur ».
Ils permettent de perpétrer les petits gestes de la vie quotidienne, comme la lecture du journal par exemple. En apprenant à découvrir le bénévole, on s’aperçoit parfois qu’il a une passion, la cuisine, le tricot, la peinture… Certains proposent des animations à nos résidents. Faire quelque chose ensemble, cela favorise la discussion, le partage de moments de convivialité, une vraie bouffée d’oxygène pour nos résidents, et un moment gratifiant pour leurs visiteurs, qui se sentent vraiment utiles.»

SUITE DU DOSSIER "Au domicile de l’autre, se rencontrer soi-même"

Au domicile de l’autre, se rencontrer soi-même

Au domicile de l’autre, se rencontrer soi-même

Si on la pratique de longue date à la Société de Saint-Vincent-de-Paul, la visite à domicile reste une expérience difficile à définir, du fait de la diversité des formes qu’elle prend et des trésors qu’elle recèle, pour la personne qui reçoit comme pour celle qui se déplace… dans tous les sens du terme !

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