NOTRE HISTOIRE
À l’école de Monsieur Vincent
On l’appelle l’« Apôtre de la charité ». Est-il besoin de le rappeler, à nous Vincentiens dont il est le saint patron ? Certainement, car il trouverait aujourd’hui le chemin des pauvres tout aussi aisément qu’autrefois et demeure une source d’inspiration.
LL’époque de Monsieur Vincent était à l’anarchie : elle avait besoin d’un juste et de remèdes spirituels car on y mourait beaucoup par la misère et par le soldat. Sa compassion n’avait pas de limites : au bagne, il ramène les galériens parmi les hommes ; qu’un petit enfant pleure sur les marches d’une église, il le ramasse. Il envoie aussi les belles dames de l’aristocratie sur le plancher rugueux des taudis et des hôpitaux : « Allez au nom de Notre-Seigneur » et son cœur faisait le reste…
Votre très humble serviteur
Comment gagnait-il ses batailles spirituelles ? Toute son originalité a été de ressembler à Jésus-Christ. Il séduisait, il avait le don de réveiller les âmes c’est-à-dire ce qui, dans l’être humain, tressaille au nom de Jésus-Christ car « les choses de Dieu se font d’elles-mêmes pourvu qu’on l’y aide. » Il y aidait avec un cœur attentif car l’Évangile se lit à livre ouvert sur son visage, mais aussi avec l’aide de la Providence à travers un essaim de Filles de la Charité qui avaient la grâce, la patience et le sourire qui est la première des charités à faire aux malades. Leur règle de vie est d’une simplicité foudroyante : « Vous avez le droit de vivre et de vous vêtir ; tout le reste appartient aux pauvres… et pour toute la vie : le poids des autres, la peine des autres, le bonheur des autres. »
Osons la prière
« Qui manque à la vie intérieure », disait Monsieur Vincent, « manque à tout ».
C’est l’un des mystères de sa vie : il se levait très tôt, s’agenouillait pour une heure d’oraison, puis une messe suivie d’une longue action de grâces et dans la journée les vêpres, matines et exercices spirituels.
En résumé, trois à quatre heures de prière et environ neuf heures de travail quotidien. Aux Dames de la charité, dans le Règlement de Châtillon, il recommandait le repos, la prise de recul, le ressourcement dans les œuvres pour pouvoir les ménager dans leurs actions et veiller à éviter l’épuisement et le découragement, voire la dépression. Pour éviter que l’activisme envahisse tout le temps, Monsieur Vincent propose des temps de respiration dans la prière.
« Si les poumons de la prière et de la Parole de Dieu n’alimentent pas la respiration de notre vie spirituelle, nous risquons de nous étouffer au milieu des mille choses de chaque jour » nous recommande Benoît XVI. C’est là l’exigence de la spiritualité vincentienne : « rencontrer le Christ dans les pauvres » et partager nos pensées, nos émotions, nos idées : parler en Conférence de Dieu. Parce que comme le disait sainte Thérèse d’Avila, « le plus grand malheur pour le pécheur est de croire qu’il n’est plus capable de prier. Une âme qui persévère dans l’oraison est perdue pour le démon. »
La communion spirituelle pour ressourcement
Au 19e siècle, la Société de Saint-Vincent-de-Paul conçoit un nouveau discours et une nouvelle pratique de la charité en prenant « Jésus-Christ comme divin modèle. » Dès les premiers temps, la Société se met sous la protection de saint Vincent de Paul, proposé par Léonce Curnier, et de la sainte Vierge, proposée par Frédéric Ozanam.
« La Société reçoit tous les jeunes gens chrétiens qui veulent s’unir de prières et participer aux mêmes œuvres de charité » précise, dès le début, l’art.1 du Règlement rédigé par François Lallier. La prière vient donc avant les œuvres et la visite est une démarche avant tout spirituelle.

Crédit photo Adobe Stock

Crédit photo : SSVP
Crédit photo : Sebastien Godefroy
Une prière est dite au début et à la fin de chaque réunion. Le dimanche, ils assistent à des processions et à la Fête-Dieu à Nanterre. Il est assigné aux confrères un double but : « Apprendre à se connaître et à s’aimer entre eux ; apprendre à connaître, à aimer et à servir les pauvres de Jésus-Christ. » L’amour est exprimé dans les trois dimensions : amour de Dieu, amour des frères, amour des pauvres.
EN SAVOIR +
Monsieur Vincent
C’est simple. Faites les brocantes et sur le trottoir, vous irez de surprise en surprise car fleurissent les livres sur Monsieur Vincent : de l’académicien au religieux, du simple laïc au converti, ils vous donnent tous une explication à sa légende.
• Sa vision du monde qui est d’une simplicité angélique : « Il y a Dieu d’une part et d’autre part Dieu encore dans le prochain qui appelle à la charité. »
• Ses opérations charitables qui se règlent
à la manière d’un maréchal : « De quoi s’agit-il ? » : « Les choses de Dieu se font d’elles-mêmes mais ne se font pas toutes seules. » Il entreprend ensuite sans autre provision que la Providence divine :
« Allez au nom du Seigneur. »
• Son inépuisable filon :
« C’est Dieu qui a tout fait. »
L’histoire de la France ne serait pas ce qu’elle est sans le très humble aumônier de la charité divine : « Il a fait entrer le pauvre dans l’âme française. » (Vincent de Paul d’André Frossard)