Accueillir subtilement la parole d’autrui

Entrer dans un dialogue de vérité peut sembler délicat et demande du tact. Mais sortir quelqu’un de son sentiment de solitude et l’aider à prendre conscience de ses forces et ressources personnelles mérite bien de faire un petit effort… et d’oublier momentanément sa propre perspective.

1

l’attitude à adopter

 

2

établir une connexion

 

3

s’assurer que l’on a bien compris

 

 

 

4

redonner du pouvoir

 

Bertrand Lautier Président de la Conférence de Sèvres (92) ©DR « Une dame que l’on suit depuis deux ans, sans famille à proximité, est complètement déboussolée par son isolement. À part quelques voisines, elle ne parle à personne. Nous nous relayons pour lui rendre des visites régulières. Voir une tête familière, c’est important. Discuter un peu, de choses et d’autres, de pas grand-chose d’ailleurs, parce que son esprit est un peu amorti par les traitements qui lui sont administrés. Alors on parle de la pluie, du beau temps, des canaris qu’elle avait, qui sont morts. On va peut-être essayer de lui en racheter. Peut-être que ça peut lui faire du bien, du bruit, une présence. »
Christophe Kermorvant visiteur régulier de l’accueil café quotidien de Vannes (56) ©DR « Mon propriétaire a vendu l’appartement que j’occupais. J’ai dû rebondir dans l’urgence. Au 37, l’hébergement de nuit qui m’a accueilli, je me suis fait de nouveaux amis qui m’ont parlé de la SSVP. Ils étaient visiteurs réguliers de l’accueil café que la SSVP ouvre chaque matin. On vient de temps en temps, quand on a le temps. Il y a une petite dame sexagénaire qui m’a beaucoup aidé. Cela fait trois semaines que j’ai retrouvé un logement mais je lui suis vraiment reconnaissant car elle est allée jusqu’à m’accueillir chez elle. Là, elle est en vacances, mais elle m’appelle tous les jours. Une vraie deuxième maman ! »  
Chantal Sénéchal retraitée et participante aux activités de la Conférence d’Orléans (45) ©DR « J’ai commencé à fréquenter la SSVP parce que j’ai eu des besoins matériels, à un moment de fragilité. Je suis solitaire, j’aime la solitude. Mais la rencontre des femmes de cette Conférence m’a rendue admirative, elles sont entrées dans mon cœur. Je suis très spirituelle. La religion a été d’un grand soutien lorsque j’ai dû faire face à diverses épreuves. Si je n’avais pas eu la chrétienté en moi, ma vie n’aurait vraiment pas été très satisfaisante… Enfant, je rêvais d’entrer au couvent, de vivre dans la simplicité mais j’ai dû suivre un parcours plus ordinaire. Rencontrer la SSVP m’a donné un souffle nouveau. »
Chantal Bailot fondatrice des goûters partagés hebdomadaires de Montpellier (34) ©DR « Pendant notre goûter hebdomadaire, on se comporte comme si les personnes âgées qui viennent nous rendre visite étaient nos propres grands-parents, avec toute la tendresse et le tact que cela implique, et toute l’affection qu’on leur porte. On aime nos mamies, on les accueille avec joie. C’est la sincérité qui nous porte et qu’elles perçoivent. Il faut voir l’entrain avec lequel elles pénètrent dans la cour, tous les samedis… elles sont heureuses de nous retrouver et on leur manque quand elles doivent s’absenter. On veille, en leur absence, à prendre des nouvelles. On fait partie de leur vie et elles font partie de la nôtre. »

SUITE DU DOSSIER "Contre la solitude, les bienfaits de la sociabilité et de la spiritualité"

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