Agir en situation de crise

Comment affronter la misère en tant que Vincentien ? Particulièrement en cette période de crise,
nous avons besoin du silence et de l’écoute pour discerner avant d’agir. De cette façon nous pourrons :

 

Reconnaître la voix des pauvres :

« Plus nous parlons, plus nous aurons du mal à les entendre. »

(Pape François)

Méditer le Psaume 33 :

« Un pauvre crie, le Seigneur entend» pour inspirer notre charité.

Se laisser interroger spirituellement par ceux que nous accompagnons :

«  Nous vivons notre foi avec eux, ce rapprochement fraternel nous fait grandir.»

(Patrick Blot, Vincentien à Chartres)

Trouver de nouvelles solutions :

« Être à l’écoute des souffrances et des misères permet de trouver peut-être d’autres chemins, comme des circuits plus courts pour aider dans l’urgence par exemple.»

(Père Désiré Zanté, curé des paroisses d’Épinay-Villetaneuse, 93)

Discerner et relire nos pratiques :

« Être à l’écoute et observer permet de bien agir, il faut se laisser toucher pour être acteur.

(Père Désiré Zanté )

Laisser les pauvres nous dire, l’action va se définir par eux :

«  Nous n’avons pas toujours la réponse, d’où la nécessité d’instaurer un dialogue avec eux pour mieux connaître et répondre à leurs besoins.»

(Patrick Blot)

Découvrir leur histoire et être en sympathie profonde avec les fragilisés :

« Ils ont beaucoup à nous apporter. On ne fait pas le choix d’être pauvre, il y a souvent une histoire qui explique pourquoi les personnes sont dans cette galère.»

(Père Vincent Béguin, accompagnateur spirituel de la Conférence de La Châtre)

Les rejoindre en humanité dans nos fragilités :

« Même en équipe, nous avons tous des pauvretés liées à des blessures familiales ou professionnelles.

(Père Vincent Béguin)
 

Les rendre participants de leur relèvement.

«  Michel Hallet Eghayan et sa Compagnie de danse et de théâtre ont permis à des enfants roms, sortis des bidonvilles, de trouver une voie d’insertion suscitant la surprise et la fierté de leurs parents.»

(Bernard Devert, fondateur d’Habitat et Humanisme)

Élisée Tetialy,
responsable des Jeunes Espoirs
d’Épinay-Villetaneuse (JEEV) – 93

Pendant la crise, le Secours populaire a initié une distribution de denrées alimentaires aux populations les plus fragiles. Nous, jeunes chrétiens de la paroisse, avions le désir de venir en aide aux personnes vulnérables, c’était l’occasion de vivre ce qu’on nous enseigne en Église, comme dans la parabole du Bon Samaritain. Pendant que les soignants prenaient des risques, on ne pouvait pas rester les bras croisés. C’est dans ces moments-là qu’il faut faire preuve de charité. Cette aide était ponctuelle, mais pour la rentrée, nous allons mettre en place du soutien scolaire pour aider les jeunes défavorisés de la ville.

Alexiane Terrochaire-Barbançon,
étudiante à Sciences Po Paris et en Master Affaires européennes

Alors que j’étais confinée dans ma maison familiale sur l’Île d’Oléron, ne pas pouvoir aider me rongeait de l’intérieur : je me sentais inutile à un point ! Par l’intermédiaire de l’AFEV (Association de la fondation étudiante pour la ville), j’ai été mise en relation avec Mélissa pour du mentorat d’urgence à distance. Cette écolière de 11 ans dont la famille est d’origine kosovare, n’a pas d’ordinateur chez elle. Par WhatsApp ou téléphone, nous avons fait des petits jeux pour réviser les maths ou le français, pendant un mois et demi (jusqu’à son retour en classe mi-juin). Une belle complicité est née entre nous et j’envisage de maintenir le lien avec elle en lui écrivant.

Patrick Blot,
président de la Conférence Saint-Joseph, à Chartres

Nous avons anticipé la crise en montant une petite épicerie de dépannage d’urgence à destination des « sans-abri », et en lançant une cagnotte en ligne pour acheter quelques produits manquants. Pendant le confinement, tout le monde était dans l’angoisse, surtout ceux qui sont fragiles. Cela nous a rapprochés et encouragés à être encore plus fraternels. Nous avons compris qu’il fallait être plus mobilisés. On veut désormais les recevoir autour d’un café dans une salle, pour mieux se mettre à leur écoute. Cette crise nous a donné envie de faire plus qu’une simple distribution, de développer autre chose pour améliorer leur quotidien.

Jean-Luc Chaumard,
bénévole depuis 40 ans aux Petits Frères des Pauvres à Lyon

Nous avons bien senti une grande générosité pendant la période de confinement, mais cet élan est retombé aujourd’hui. Les gens étaient disponibles parce qu’ils ne travaillaient pas, dès lors qu’ils ont repris leur activité, ils se sont effacés. Nous essayons de garder le contact afin de les fidéliser sur du long terme, mais c’est difficile. Le bénévolat est une question d’éducation civique : il faudrait que les jeunes soient orientés vers les associations pour y être encadrés, formés afin qu’ils s’y sentent bien, trouvent leur place et continuent à y œuvrer pour, éventuellement, entrer en responsabilité.

SUITE DU DOSSIER "LE DOSSIER COMMENT MIEUX VIVRE DANS LE MONDE D'APRÈS"

Comment mieux vivre dans le monde d’après ?

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Les événements que nous traversons ont révélé notre grande vulnérabilité. Si elle a permis un formidable élan de générosité, cette crise sanitaire laissera place à une crise économique et une deuxième vague, qui sera celle du chômage et d’une plus grande précarité. Dès lors, comment affronter cette misère en tant que chrétiens ?

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