UNE JOURNÉE… Au cœur du renouveau stéphanois à l’accueil Ozanam

La pandémie de coronavirus a mis à rude épreuve les Vincentiens… Mais à Saint-Étienne (42), l’envie d’aider a été plus forte que la peur, que le manque de bénévoles, que l’amenuisement des ressources à partager… Retour sur une inspirante épopée humaine.

Par Meghann Marsotto

AU CŒUR DE L’ACTION > LA SSVP SUR LE TERRAIN

11 Septembre 2020

9 h

10 h

11 h

12 h

14 h

16 h

9 h

La vie normale reprend plus ou moins son cours : un mardi comme tant d’autres, à l’accueil Ozanam, Aurélie Chatagnon, responsable communication du Conseil départemental de la Loire Saint-Étienne, réceptionne les produits frais. « On lit les étiquettes scrupuleusement », précise-t-elle : « On essaie de respecter au mieux les pratiques [confessionnelles, ndlr] de nos bénéficiaires pour faciliter les échanges. »

Il faut que ça bouge, que ça déménage, que ça avance.

10 H

« Ces derniers mois, notre manière de travailler a beaucoup changé. Aujourd’hui, tout est calculé ou pesé. C’est plus professionnel », estime Jean-Noël Richard, bénévole depuis 2011. Une liste est établie, en fonction des produits en stock, afin de mettre dans chaque caisse une proportion équitable de la totalité des denrées accumulées sur une quinzaine. « On ajuste les portions au nombre de membres de la cellule familiale, explique Aurélie Chatagnon. Dans chaque caisse, il y a six à sept repas. »

11 H

Chacun semble savoir ce qu’il doit faire. Michel Zanoguera, président du Conseil départemental, coordonne la répartition d’œufs en chocolat. Il se souvient de la mi-mars : « Dès l’annonce du confinement, Aurélie m’a dit « on continue ». La première semaine, on a fait de la livraison, mais ça n’était pas gérable, vu le nombre de familles. » La région de Saint-Étienne compte en effet un millier de familles, pour un total d’environ 3 000 bénéficiaires. Les distributions ont donc très vite repris.

12 H 

Georges Lettori apporte au local les fruits et légumes frais qu’il a récupérés à la Banque alimentaire. À son arrivée, chacun se rue sur la camionnette pour lui prêter main forte. « J’aime bien ce rôle actif » décrit Jean-Noël Richard, pour qui « il faut que ça bouge, que ça déménage, que ça avance. »

14 H 

Les bénéficiaires font la file. Ils sont déjà nombreux à patienter hors du local. Les confrères de l’après-midi attendent 87 familles. Beaucoup qui attendent sont des femmes. Des parents étrangers, des personnes isolées souvent âgées et des jeunes précaires, essentiellement. « Des chips, j’adore ça ! », s’exclame une dame pour qui un peu de fantaisie, pour accompagner le nécessaire, fait beaucoup de bien au moral. « On a de la chance d’avoir de la dinde hallal aujourd’hui, et c’est pas souvent », confie une seconde, visiblement satisfaite, tandis que sa voisine, discrètement, fait don de ses compotes à une autre dame à côté d’elle. Solidarité entre pairs et reconnaissance envers les bienfaiteurs sont de mise. « Passez de bonnes vacances ! Profitez-en ! », conclut une dame âgée.

16 H

La journée s’achève. C’est l’heure de souffler, remercier ceux qui se sont mobilisés, boire un peu d’eau et prendre le temps de parler un peu. Parce que les relations humaines sont bien au cœur des préoccupations des Vincentiens. En témoigne l’engagement d’un bénévole, qui a commencé par être bénéficiaire et qui a voulu « rendre » l’aide reçue quand il en a eu la possibilité.

EN SAVOIR +

« Toujours une Conférence à côté de toi »

La situation sanitaire a « obligé » les Conférences de Saint-Étienne à recruter de nouvelles forces vives. Aurélie Chatagnon a joué son rôle de communicante en diffusant ses appels à la solidarité dans les médias, sur les réseaux sociaux… Ils ont permis d’attirer 38 nouveaux bénévoles. Tous ne resteront pas : les étudiants, par exemple, sont souvent mobiles. Michel Zanoguera n’hésite pas à leur souffler : « Selon le lieu où tu seras en cours ou en stage, il y aura toujours une Conférence à côté de toi. » Les appels relayés par la Banque alimentaire, le réseau national, le CCAS ont aussi amené des bénévoles comme Benoît Mathieu, tout juste retraité, qui poursuivra son engagement à travers l’aide aux devoirs.

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