
Comment avancer sur le chemin de la fraternité ?
Et si la sortie de cette période de crise était l’occasion de revisiter notre manière d’agir ? À l’aide des « défis fraternels » proposés en vidéo sur notre réseau interne Workplace, ces derniers mois, nous pouvons faire l’expérience que certaines façons d’être favorisent une fraternité authentique entre nous, bénévoles, et ceux que nous rencontrons.
Défi fraternel n° 1 :
Écouter l’autre vraiment !
Écouter l’autre 5 minutes, sans l’interrompre… Ce premier défi n’est pas le plus simple ! Car rien n’est plus difficile que d’« être là, tout simplement » et de se taire pour entendre vraiment ce que l’autre veut nous dire. Notre tentation est souvent de proposer des solutions, des conseils que l’autre ne nous demande pas. L’écouter, c’est le plus beau des cadeaux, et c’est lui faire vraiment une place parmi nous.
Défi fraternel n° 2 :
Discerner ensemble notre action…
Se réunir en équipe et discerner ensemble ce que nous allons vivre auprès des plus isolés n’est pas une perte de temps, bien au contraire, car nous ne pouvons pas tout faire ! Est-ce que nous décidons nos actions en fonction et à partir des paroles, des envies, des rêves que les plus pauvres nous confient ? Comment gardons-nous du temps pour organiser et vivre, avec ceux que nous rencontrons, des moments simples, festifs ou spirituels qui redonnent sens et joie à leur vie ?
Défi fraternel n° 3 :
Prendre soin de la fraternité entre bénévoles
Se retrouver régulièrement lors d’une réunion de Conférence où le seul ordre du jour serait de s’écouter les uns les autres, et de se poser la question : « Comment allons-nous ? » Car, avant de vouloir rejoindre les plus isolés, il nous faut, entre bénévoles, nous rejoindre aussi. Ce temps sera favorable pour nous ajuster les uns aux autres, et décider de nos actions grâce à ces partages en vérité.
Défi fraternel n° 4 :
Apprendre à aimer l’autre ? Impossible sans apprendre à s’aimer soi…
Nous connaissons cette phrase de l’Évangile : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Mais y avons-nous vraiment réfléchi ? Avons-nous prié pour recevoir la grâce de comprendre que, tant que nous ne nous acceptons pas tels que nous sommes – avec nos talents, mais aussi nos limites – nous ne pouvons pas accepter l’autre tel qu’il est…
PLUS D’INFOS
Vous pouvez retrouver ces vidéos dans le groupe « Démarche Fraternité » sur Workplace.
Pour creuser ces sujets et prévoir des ateliers avec vos équipes, contactez Émilie : emilie.chanson@ssvp.fr
MICRO-TROTTOIR
Perrine,
animatrice réseau au Secours Catholique dans l’Aube (10)
©DR
« Le Covid nous a permis de nous questionner sur notre manière de faire. Dans certains de nos accueils solidaires ou certaines de nos épiceries collectives, les équipes ont décidé d’accueillir les personnes sur rendez-vous puisqu’on ne pouvait plus le faire de façon groupée. Avec cette nouvelle façon de faire, on perd du collectif, mais on gagne en accompagnement individuel. Les équipes, comme les personnes reçues, en ont été contentes. Fini la pression de la file d’attente : nous consacrons 45 minutes à chaque rendez-vous. La situation a fait sauter les freins au changement, et nous a obligés à évoluer. Maintenant, nous savons que c’est possible. »
Jean-Claude,
paroisse Notre-Dame de la Couture, Le Mans (72)
©DR
« J’ai très mal vécu le confinement, les restrictions et l’isolement. J’aimais qu’on se retrouve entre paroissiens autour du repas partagé chaque dimanche, mais il n’a toujours pas pu reprendre. Alors, quand l’équipe du repas partagé a lancé le “jardin de la rencontre”, je me suis dit : “Enfin ! Ça y est ! On va pouvoir se retrouver !” Une fois par semaine, on se retrouve pour préparer le potager. Ça nous occupe, et, comme j’ai un diplôme et de l’expérience dans les espaces verts, j’apporte mon expérience. »
Élisabeth,
bénévole de l’équipe des jeunes Vincentiens de Nantes (44)
©DR
« Nous avons continué les maraudes autant que nous avons pu pendant la pandémie. Mais, quand cela n’a pas été possible, nous avons gardé un lien d’équipe par la prière. Chaque semaine, le bureau envoyait une fiche construite sur le modèle du temps de prière que nous avons à chaque maraude. Nous proposions à toute l’équipe de prendre ce temps, de préférence à l’heure de la maraude. Je trouve que cette période nous a permis ce retour à l’essentiel. Alors que nous étions peut-être un peu trop dans l’action, il ne nous restait plus que la prière. Dans nos maraudes, nous avons toujours une équipe sur les quatre qui reste en prière. Depuis la reprise, je crois que nous percevons mieux sa place et son importance. »
Suzanne,
habituée de la Maison des Familles tenue par les Apprentis d’Auteuil à Marseille (13)
©DR
« Grâce au confinement, j’ai appris à mieux connaître ma fille de neuf ans, avec qui je vis seule. Avant, entre mon travail et l’école pour elle, nous étions tout le temps en train de courir ! Nous avons passé plus de temps ensemble, nous avons plus parlé. Notre relation a beaucoup changé. J’ai aussi pu mieux m’occuper d’une association que j’ai créée au Cameroun. Désormais, plutôt que de courir à droite et à gauche pour des choses qui ne nous apportent pas de bonheur, j’ai envie de prendre du temps en priorité pour moi, pour ma famille et pour les autres. »
SUITE DU DOSSIER "RENFORCER LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE FACE À LA PANDÉMIE"
Des raisons d’espérer… pour avancer
Et si la crise sanitaire avait aussi permis de belles choses, malgré les drames bien réels et l’incertitude qu’elle a provoqués ? À travers ce dossier, Ozanam magazine a choisi de se pencher sur les bonnes occasions et sur les prises de conscience que la crise a suscitées, en particulier dans le monde associatif. Pour que, portés par l’espérance, nous puissions aller à la rencontre des plus démunis, forts de ces enseignements.
Martin Steffens « Pendant la crise, le monde a tenu sur ses appuis »
Auteur de deux récents ouvrages (1) sur la crise sanitaire et ses conséquences, Martin Steffens livre une réflexion sans concession, mais aussi pleine d’espérance, sur la pandémie, sa gestion par les dirigeants politiques, et sur la responsabilité de chacun pour construire un monde plus hospitalier.