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3 décembre 2021
Crédit photo : © DCC
VOLONTARIAT AU CAMEROUN

Deux années pleines d'enseignements

Grâce au partenariat entre la SSVP et la DélégationCatholique pour la Coopération (DCC), Isabelle Lestrade est partie au Cameroun pour une mission de deux ans. Rentrée en France l’été dernier, elle nous partage le bilan de son volontariat en tant que chargée de pédagogie, en primaire,au sein du groupe scolaire Saint-Vincent-de-Paul de Yaoundé.

Comment s’est déroulée
votre mission ?

J’étais en mission au sein d’une école missionnaire de la congrégation de la Mission. J’étais donc logée au séminaire des Lazaristes. La deuxième année a été fantastique parce que j’ai pu mettre en place des choses pour améliorer tout ce que j’avais observé, lors de la première année, qui pouvait l’être. Ce n’est pas la Française avec le mode d’éducation à la française qui arrive pour tout changer dans une école camerounaise. Les programmes, le nombre d’enfants par classe, le matériel et même la façon d’enseigner ne sont pas les mêmes. Au Cameroun, il y avait des classes de 50. J’étais dans un quartier pauvre à la périphérie nord de Yaoundé qui ressemblait plus à un village qu’à une ville.

Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté ou enseigné ?

Dans l’enseignement, ça m’a surtout donné des billes pour beaucoup plus travailler l’oral, ouvrir les élèves à la culture. J’ai trouvé très intéressant que les élèves camerounais soient beaucoup plus ouverts sur le monde qu’on ne l’est en France.
L’autre enseignement, c’est savoir apprécier chaque moment, le matériel, d’avoir la liberté pédagogique. Parfois, on est beaucoup centrés sur nous-mêmes, on se plaint sans se rendre compte des conditions de travail ailleurs.
Cette expérience m’a aussi beaucoup apporté au niveau humain et de la foi. Le fait de vivre en communauté, d’avoir les offices avec les séminaristes chaque jour, de pouvoir discuter de sa foi. En France, c’est un peu un sujet tabou, alors qu’au Cameroun, ce n’est pas du tout le cas. J’ai vraiment eu la possibilité de faire de belles rencontres.

Quel message souhaitez-vous transmettre à d’autres jeunes qui se posent la question de partir en volontariat ?

Ça fait grandir, tout simplement. Parce que ça te conforte dans tes valeurs et ça te fait ouvrir les yeux sur la vie autrement. Je trouve que ça fait apprécier ce que tu as et d’un autre côté, ça permet aussi de se remettre en question sur plein de petites choses au quotidien. Ça permet de se recentrer sur l’essentiel. J’ai beaucoup aimé le fait que la notion de famille est plus qu’élargie au Cameroun. C’est vraiment la famille avec un grand F. Le mot “ cousin” n’existe pas dans les dialectes du Cameroun. C’est le mot “frère”.

Propos recueillis par Anne-Marie Tossou,
rédactrice en chef

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