NOTRE HISTOIRE
PARCOURS DE VINCENTIEN
Dunot de Saint-Maclou, docteur de la Grotte de Lourdes
Après les persécutions de la révolution et la clandestinité, l’Église que connaît Frédéric Ozanam dans sa jeunesse, même si elle est sortie de l’ombre, ne rayonne plus. Beaucoup ont abandonné la pratique religieuse. C’est dans l’Évangile que Frédéric va puiser les ressources de la foi qui le pousse à agir.
Le docteur Dunot de Saint-Maclou, Vincentien, a créé le Bureau des Constatations Médicales des Sanctuaires de Lourdes. Crédit photo : © AdobeStock
La biographie de Georges-Fernand Dunot de Saint-Maclou a été récemment écrite par le père André Brustolon Glatz, membre des Oblats de la Vierge Marie, dont le « Docteur de la Grotte », ainsi qu’on l’appelait, fut un collaborateur laïc. Georges-Fernand est issu d’une noble famille normande et naît dans le château familial d’Ouézy (Calvados). Il est élève au Collège Royal de Caen (1839-1842). Puis, il entre à l’École Militaire de Saint-Cyr (1846-1848), après des études à Paris. Il sera réformé. Ensuite, dans un contexte de pénurie de pommes de terre et de blé1, qui tuait de nombreuses personnes, dont des enfants, Dunot entre à l’École Agronomique de Versailles, afin de contribuer à l’évolution de la productivité agricole.
Le médecin des pauvres
En 1854-55, l’épidémie de choléra fait des ravages dans le Calvados. Dunot fait partie du Conseil municipal d’Ouézy (il sera maire, par la suite) et se consacre à l’assistance aux pauvres. C’est le moment où éclot sa vocation médicale. Il épouse sa cousine germaine en 1848. Le couple ne pouvant avoir d’enfant, s’efforce de soulager la souffrance des pauvres. Il déménage à Caen où Georges-Fernand entreprend des études de médecine (1857-1862). Il s’y révèle un excellent étudiant. « Officier de santé2 », il peut enfin soigner des malades mais, fervent catholique, n’en néglige pas pour autant leur âme. Ses écrits suscitent l’intérêt de l’Université de Louvain (Belgique) où il passa brillamment les examens du doctorat. C’est durant ses études à Caen, que Dunot devient membre de l’équipe de la Société de Saint-Vincent-de-Paul (SSVP) du Saint-Sauveur dont il fut vice-président. Adhérant aux idées de Frédéric Ozanam, ce médecin catholique devient médecin des pauvres. Dans les années 1860, le docteur est un défenseur de la religion face aux attaques
dont elle est l’objet et n’hésite pas à s’enrôler sous la bannière du Pape pour défendre les États Pontificaux menacés par les troupes de Garibaldi (1867). Il est présent à Rome au moment du Concile Vatican I. En 1871, les époux Dunot quittent le Calvados pour Nice. Mme Dunot, très malade, avait besoin d’un climat plus propice à sa santé. Georges-Fernand prend contact avec les Vincentiens et, le 11 février 1872, il fonde la Conférence de l’Immaculée Conception.
L’appel de Lourdes
C’est en 1877 que son destin bascule. L’état de santé de son épouse étant désespéré, seul un miracle peut la guérir. À cette époque, les apparitions de Lourdes (1858) connaissent un accueil favorable chez les Oblats de la Vierge Marie et les Vincentiens. Georges-Fernand et sa femme partent pour Lourdes, le 10 juillet 1877. Elle meurt le 26 août, à 52 ans, après être allée à la Grotte et s’être baignée aux piscines.
À Lourdes, le docteur avait retrouvé un Vincentien de Nice, Louis-Armand Rigault, suivi par les Oblats de la Vierge Marie, qui venait de s’y installer avec sa famille et avait obtenu l’autorisation d’y créer une Conférence (1874).
De retour à Nice, Dunot décide de se retirer dans la maison des Oblats pour trouver une consolation dans l’étude et la prière.
Mais, Lourdes et ses amis vincentiens l’appellent. Il y retourne en été 1879.
Les pèlerinages deviennent plus nombreux, les malades aussi. Il faut les accueillir, en gare, dans les hôpitaux, à la grotte, aux piscines. C’est ainsi qu’est créé, dans un premier temps, le Comité Hospitalier, dont Dunot fait partie (1883), puis le comité permanent de l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes (HNDL), qui ne s’occuperait plus uniquement du pèlerinage national. Début 1883, cinq autres membres de l’équipe de la SSVP, sur huit, participent aux actions de l’Hospitalité3.



Dès lors, il organise scientifiquement le Bureau des Constatations Médicales, qui a ses propres locaux. Tout l’y avait préparé : son expérience, son intérêt pour la psychiatrie, ses travaux pour réconcilier la science et la religion.
Il partage la fin de sa vie entre Lourdes, où il vit chez les Missionnaires de l’Immaculée Conception, et Nice, où il retrouve les Oblats de la Vierge Marie qui lui manquent.
Il meurt à Lourdes, le 10 septembre 1891, où il est enterré, dans le cimetière des Missionnaires, avec lesquels il a vécu, situé dans le Parc du Chalet Épiscopal.
Christian Dubié, président de la SSVP du Cher
1 Annoncée par la Vierge à La Salette,
le 19 septembre 1846
2 Ce titre permettait d’exercer la médecine à l’échelon départemental mais pas à l’échelon national
3 Les statuts de l’HNDL ne seront signés
par Mgr Billère que le 28 janvier 1885
Labiographie de Georges-Fernand Dunot de Saint-Maclou a été récemment écrite par le père André Brustolon Glatz, membre des Oblats de la Vierge Marie, dont le « Docteur de la Grotte », ainsi qu’on l’appelait, fut un collaborateur laïc. Georges-Fernand est issu d’une noble famille normande et naît dans le château familial d’Ouézy (Calvados). Il est élève au Collège Royal de Caen (1839-1842). Puis, il entre à l’École Militaire de Saint-Cyr (1846-1848), après des études à Paris. Il sera réformé. Ensuite, dans un contexte de pénurie de pommes de terre et de blé1, qui tuait de nombreuses personnes, dont des enfants, Dunot entre à l’École Agronomique de Versailles, afin de contribuer à l’évolution de la productivité agricole.
Le médecin des pauvres
En 1854-55, l’épidémie de choléra fait des ravages dans le Calvados. Dunot fait partie du Conseil municipal d’Ouézy (il sera maire, par la suite) et se consacre à l’assistance aux pauvres.
C’est le moment où éclot sa vocation médicale. Il épouse sa cousine germaine en 1848. Le couple ne pouvant avoir d’enfant, s’efforce de soulager la souffrance des pauvres. Il déménage à Caen où Georges-Fernand entreprend des études de médecine (1857-1862). Il s’y révèle un excellent étudiant. « Officier de santé2 », il peut enfin soigner des malades mais, fervent catholique, n’en néglige pas pour autant leur âme. Ses écrits suscitent l’intérêt de l’Université de Louvain (Belgique) où il passa brillamment les examens du doctorat.
C’est durant ses études à Caen, que Dunot devient membre de l’équipe de la Société de Saint-Vincent-de-Paul (SSVP) du Saint-Sauveur dont il fut vice-président. Adhérant aux idées de Frédéric Ozanam, ce médecin catholique devient médecin des pauvres.
Dans les années 1860, le docteur est un défenseur de la religion face aux attaques dont elle est l’objet et n’hésite pas à s’enrôler sous la bannière du Pape pour défendre les États Pontificaux menacés par les troupes de Garibaldi (1867). Il est présent à Rome au moment du Concile Vatican I.
En 1871, les époux Dunot quittent le Calvados pour Nice. Mme Dunot, très malade, avait besoin d’un climat plus propice à sa santé. Georges-Fernand prend contact avec les Vincentiens et, le 11 février 1872, il fonde la Conférence de l’Immaculée Conception.

Adhérant aux idées de Frédéric Ozanam, ce médecin catholique devient médecin des pauvres.
L’appel de Lourdes
C’est en 1877 que son destin bascule.
L’état de santé de son épouse étant désespéré, seul un miracle peut la guérir. À cette époque, les apparitions de Lourdes (1858) connaissent un accueil favorable chez les Oblats de la Vierge Marie et les Vincentiens. Georges-Fernand et sa femme partent pour Lourdes, le 10 juillet 1877. Elle meurt le 26 août, à 52 ans, après être allée à la Grotte et s’être baignée aux piscines.
À Lourdes, le docteur avait retrouvé un Vincentien de Nice, Louis-Armand Rigault, suivi par les Oblats de la Vierge Marie, qui venait de s’y installer avec sa famille et avait obtenu l’autorisation d’y créer une Conférence (1874).
De retour à Nice, Dunot décide de se retirer dans la maison des Oblats pour trouver une consolation dans l’étude et la prière.
Mais, Lourdes et ses amis vincentiens l’appellent. Il y retourne en été 1879.
Les pèlerinages deviennent plus nombreux, les malades aussi. Il faut les accueillir, en gare, dans les hôpitaux, à la grotte, aux piscines. C’est ainsi qu’est créé, dans un premier temps, le Comité Hospitalier, dont Dunot fait partie (1883), puis le comité permanent de l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes (HNDL), qui ne s’occuperait plus uniquement du pèlerinage national. Début 1883, cinq autres membres de l’équipe de la SSVP, sur huit, participent aux actions de l’Hospitalité3.
Mais, il faut aussi faire la part des choses entre les guérisons miraculeuses et celles prétendues comme telles, en évitant la dérive superstitieuse. Cette tâche est confiée aux chapelains. Le médecin collabore avec eux mais, en 1883, devenu directeur de la Grotte au sein de l’Hospitalité, il a un accès direct aux malades qui se déclarent guéris.
Dès lors, il organise scientifiquement le Bureau des Constatations Médicales, qui a ses propres locaux. Tout l’y avait préparé : son expérience, son intérêt pour la psychiatrie, ses travaux pour réconcilier la science et la religion.
Il partage la fin de sa vie entre Lourdes, où il vit chez les Missionnaires de l’Immaculée Conception, et Nice, où il retrouve les Oblats de la Vierge Marie qui lui manquent.
Il meurt à Lourdes, le 10 septembre 1891, où il est enterré, dans le cimetière des Missionnaires, avec lesquels il a vécu, situé dans le Parc du Chalet Épiscopal.
Christian Dubié, président de la SSVP du Cher
1 Annoncée par la Vierge à La Salette,
le 19 septembre 1846
2 Ce titre permettait d’exercer la médecine à l’échelon départemental mais pas à l’échelon national
3 Les statuts de l’HNDL ne seront signés
par Mgr Billère que le 28 janvier 1885
EN SAVOIR +
Les œuvres vincentiennes reconnues à Lourdes en 1883
« Le lendemain de la Pentecôte, le lundi 14 mai (1883), Mgr Billère, évêque de Tarbes a présidé à Lourdes une célébration afin de célébrer les noces d’or de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, à la demande des Conférences vincentiennes de Tarbes, Lourdes, Auch, Pau, Aire et Bayonne. Dans son homélie, il a souligné le merveilleux développement pendant ces cinquante ans ; le grain de moutarde était devenu un arbre géant qui, avec ses branches vigoureuses et son vaste feuillage, couvait l’Ancien et le Nouveau Monde. Selon lui, le grand mérite de la Société de Saint-Vincent-de-Paul était de résoudre le plus terrible problème du temps, en réconciliant les pauvres avec la Providence, la Religion et la Société. »
Père André Brustolon-Glatz, Georges-Fernand Dunot de Saint-Maclou – le Docteur de la Grotte