RÉFLECHIR 

En Jésus, l’amour l’a emporté sur la haine

L’espérance, comme la foi et la charité, est une vertu, un don de l’Esprit-Saint qui dépasse les possibilités humaines. Les trois vertus se confortent mutuellement.

"Par la foi, sont déjà présents en nous les biens que l’on espère !"

La vraie, la grande espérance de l’homme qui résiste malgré toutes les désillusions, ce ne peut être que Dieu !

Dans les épreuves, l’espérance nous conduit, nous relève !

Saint Paul explique que « notre connaissance est partielle (…). Quand viendra l’achèvement, ce qui est partiel sera dépassé (…). Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité » parce que « s’il me manque l’amour, je ne suis rien » et que « l’amour ne passera jamais. »
L’espérance est la certitude d’obtenir ce que Dieu a promis : d’une part, sa grâce sur la terre et d’autre part, la vie éternelle. Elle se différencie de l’espoir en lui donnant, sous le regard de la foi, une perspective d’éternité.
Benoît XVI, dans sa 2e encyclique Sauvés dans l’Espérance, présente la foi comme substance de l’espérance : « Par la foi, sont déjà présents en nous les biens que l’on espère !… La vraie, la grande espérance de l’homme qui résiste malgré toutes les désillusions, ce ne peut être que Dieu ! » Car Dieu est source de vie, d’amour et de tout bien.
La vertu d’espérance répond en effet à l’aspiration au bonheur placée par Dieu dans le cœur de tout homme.
L’espérance chrétienne reprend et accomplit l’espérance du peuple élu qui trouve son origine et son modèle dans l’espérance d’Abraham, surnommé « le père des croyants », parce que comblé, à travers son fils Isaac, des promesses de Dieu (Genèse 17,4-8 ; 22,1-18), espérant contre toute espérance, il eut confiance dans la parole de Dieu et devint ainsi père d’une multitude de peuples (Romains 4, 18).

Jésus notre espérance

L’espérance chrétienne se déploie dès le début de l’enseignement de Jésus, à travers l’annonce des béatitudes, dans son sermon sur la montagne (Matthieu 5, 1-12). Elles élèvent notre espérance vers le Ciel comme vers la nouvelle terre promise. Elles en tracent le chemin à travers les épreuves, car, par la passion et la résurrection de Jésus-Christ, Dieu nous garde dans l’espérance qui ne déçoit pas.
Depuis la résurrection du Christ, c’est la célébration du passage avec lui, de la mort à la vie, que les chrétiens célèbrent à travers la fête de Pâques qui signifie « passage ». Par sa résurrection, le Christ sauve l’Homme du péché et l’appelle à l’amour et à la vie éternelle.
« La rencontre avec le Christ ressuscité », nous dit le pape Benoît XVI, « est une rencontre qui change la vie : la rencontre avec un Homme unique, qui nous fait expérimenter toute la bonté et la vérité de Dieu, qui nous libère du mal, non pas d’une manière superficielle, momentanée, mais il nous en libère radicalement, nous guérit de tout et nous restitue notre dignité. Voici pourquoi Madeleine appelle Jésus « mon espérance »  : car c’est Lui qui l’a fait renaître, lui a donné un nouvel avenir, une existence bonne, libérée du mal. « Le Christ, mon espérance » signifie que tout mon désir de bien trouve en Lui une possibilité réelle : avec Lui, je peux espérer que ma vie sera bonne, et qu’elle sera pleine, éternelle, car c’est Dieu-même qui s’est fait proche jusqu’à entrer dans notre humanité. »
Le pape François explique : « Par sa mort et sa résurrection, Jésus indique à tous le chemin de la vie et du bonheur (…). Sa résurrection accomplit pleinement la prophétie du psaume : la miséricorde de Dieu est éternelle, son amour est pour toujours, il ne mourra jamais (…).

Voici le sommet de l’Évangile, voici la Bonne Nouvelle par excellence : Jésus, le Crucifié, est ressuscité ! Cet événement est à la base de notre foi et de notre espérance (…). En Jésus, l’Amour l’a emporté sur la haine, la miséricorde sur le péché, le bien sur le mal, la vérité sur le mensonge, la vie sur la mort. » (« Que fête-t-on à Pâques ? », site internet de la Conférence des évêques de France)

La nouveauté qui change tout
L’espérance chrétienne n’est pas pour autant un optimisme béat. Il n’y a pas d’un côté l’espérance des jours meilleurs au Ciel et, ici-bas, les événements terrestres à vivre en courbant l’échine ! Aujourd’hui est un jour de cette vie d’union avec Dieu et ça change tout, ou, en tout cas, cela devrait tout changer !
Dans les épreuves, l’espérance nous conduit, nous relève ! Parce que l’espérance porte la certitude que Dieu prend soin de nous à chaque instant de notre existence. « Si Jésus est ressuscité » nous exhorte le pape Benoît XVI, alors
« est arrivé quelque chose de vraiment nouveau, qui change la condition de l’homme et du monde. Alors Lui, Jésus, est quelqu’un en qui nous pouvons avoir absolument confiance (…) parce que le Ressuscité n’appartient pas au passé, mais Il est présent aujourd’hui, vivant. Le Christ est espérance et réconfort (…) Et par son Église, Il est présent comme force d’espérance, proche de toutes les situations humaines de souffrance et d’injustice. Puisse le Christ ressuscité donner espérance. » (message Urbi et Orbi du 8 avril 2012) 

Sœur Andrée Blanchet
Anne-Marie Tossou
Philippe Wasser

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