Finale du concours « INNOVATE ! pour la solidarité »
Ils révolutionnent
la fraternité
Sans-abri, prisonniers, étudiants fauchés… les dix jeunes finalistes du concours « INNOVATE ! pour la solidarité » espèrent endiguer toutes formes de détresse humaine. Venus de toute la France, ils défendent le projet innovant qu’ils couvent depuis des mois comme si leur vie en dépendait. Leur but : démontrer leur capacité
à entreprendre, à mobiliser et à atteindre un idéal de fraternité. Reportage.
Par Alix de la Roncière, journaliste
Crédit photo : Alix de la Roncière
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14 H 45
Discrets, presque muets, les étudiants finalistes du concours « INNOVATE ! pour la solidarité » se glissent dans les bureaux de la Tour Montparnasse. À l’horizon, la Tour Eiffel ; leur stress se mêle à la fierté de figurer parmi les entrepreneurs sélectionnés. Banty Dallemagne, trentenaire débarquée de Metz – cheveux tressés, visage grave – s’asseoit le long d’un mur et ne bouge plus, puis fixe la scène de ses grands yeux inquiets. À 24 ans, elle a quitté la Côte d’Ivoire en guerre pour « une vie meilleure » en France. Ce fut l’enfer : l’extrême isolement, les problèmes médicaux… Pour payer son loyer, elle enchaîne ménages et baby-sittings, mais elle meurt de faim : « Je préfère jeûner que mendier. » Cela ne « l’a pas tuée », bien au contraire. « C’est aujourd’hui un moteur dans ma vie », assure-t-elle. Banty a pu « recréer » un lien familial, raison d’être de son projet « Just like home », des logements étudiants « comme à la maison ». Silence, elle écoute les présentations devant le jury. C’est parti !
La solidarité, c’est simple.

15 H 45
Flora Vidal Marron, 25 ans, entre en scène, aussi vive que son rouge à lèvres sang. Voilà trois ans qu’elle a fondé « Le Tissu Solidaire », un atelier de couture lyonnais partagé entre réfugiés : « J’ai vécu à Istanbul en 2015 à l’époque de Kobané*.
Il y avait un million de Syriens déplacés dans la rue, sans rien. » Ni une, ni deux, elle s’est engagée pour l’ONG Caritas. « La solidarité, c’est simple », répète-t-elle comme un mantra.
16 H 30
Simple aussi pour Yasmine, qui enchaîne : « Je viens du pays du couscous. Chez nous, au Maroc, on cuisine pour les autres. » Bandana et pantalon de velours, elle anime des ateliers culinaires avec des personnes réfugiées pour des sans-abri. « J’étais déjà bénévole auprès de réfugiés, je cherchais une formule pour me lancer… ». Un jour, « déclic » devant un magasin de cuisine : « S’il est possible de transporter des plaques et des casseroles, mon projet « Recettes Nomades » peut exister ! ». Qu’en pense le jury ?»
17 H 15
Nous le saurons bientôt. Discussions, passion, les projets sont difficiles à départager. C’est finalement Flora, qui gagne le premier prix « INNOVATE ! pour la solidarité ». Avec une fougue tout aussi communicative, Yasmine remporte la deuxième place. Banty, aux anges, raffle le troisième prix. Le coup de cœur du public, enfin, revient au duo de Solidari’Terre, Yasmine Bachene et Victor Cenni, qui visitent des détenus lyonnais.
18 H
« Ça fait plaisir de voir des personnes qui ont la flamme », confesse Victoria Mandefield, marraine du concours et lauréate de la première édition avec Soliguide (services géolocalisés pour les sans-abri).
Les yeux des candidats brillent d’un feu qui dévore tout, la « foi » chevillée au corps. Laquelle ? La rage de vivre, de défendre, de rencontrer, de sauver. Ils croient en leurs rêves.
Gabrielle Biju-Duval, secrétaire de la Conférence jeunes de Dijon
EN SAVOIR +
La jeunesse au service des autres
Frédéric Ozanam était lui-même un jeune et brillant universitaire quand il s’est tourné vers les plus démunis en fondant la SSVP, rappelait Gérard Bougrier, son vice-président, aux étudiants en introduction. « Notre souci des jeunes est vraiment chevillé à ce qui fait notre identité, et ce souci nous voulons le concrétiser, le matérialiser par une initiative comme le concours « INNOVATE ! pour la solidarité » » a-t-il dit en substance. La SSVP doit se renouveler et transmettre aux jeunes générations le souci du plus pauvre. Le concours permet de faire connaître son existence auprès des jeunes, de susciter leur attention et leur créativité pour une société plus inclusive, au service de tous.Pour être mis en relation avec les porteurs de projet, contactez Gabrielle Di Ciaccio : gabrielle.diciaccio@ssvp.fr