« Il y a encore des gens bien »
Hubert a été touché par la générosité de Pierre qui a mis à sa disposition son appartement lors du confinement en mars dernier, alors qu’il était parti à la campagne et que lui était à la rue. Il y a reconnu la grâce de Dieu au milieu de ses galères.
L’INVITÉ
C’est une véritable chaîne de solidarité qui s’est construite avec et autour d’Hubert, 40 ans, qui mène une bataille administrative depuis 2012 afin de sortir de la situation précaire dans laquelle il se trouve et qui est un obstacle pour se soigner, trouver un travail et louer
un logement.
Je fais du bénévolat parce que j’ai beaucoup galéré dans ma vie. C’est mon charisme, ma vocation.

Renaud, bénévole au sein de l’Accueil Ozanam-Madeleine, accueille Omar à la « porte des accueillis ».
Crédit photo : SSVP
Malgré ses difficultés, Hubert a toujours eu à cœur d’aider les autres en faisant du bénévolat au sein de l’Accueil Ozanam-Madeleine à Paris (8e). C’est de là que tout est parti.
« J’ai participé au pèlerinage pour la Journée des Pauvres à Lourdes en novembre 2019 » raconte Hubert, « à cette occasion, j’ai rencontré Coline qui était la coordinatrice. Au mois de décembre 2019, j’étais sans logement et j’ai été veilleur durant l’opération Hiver Solidaire au sein de la paroisse de l’Immaculée Conception (Paris 12e). Ma mission de veilleur permanent me permettait d’avoir un lit tous les soirs pendant trois mois. Elle s’est terminée le 16 mars, au moment de la déclaration du confinement. Je me suis retrouvé dans la rue. J’ai appelé Jean-François, responsable de l’Accueil Ozanam-Madeleine, qui a contacté Coline. C’est elle qui a contacté Jérôme, responsable de la SSVP à Paris. Ils ont fait des recherches et m’ont rappelé pour me dire qu’une personne avait proposé son logement parce qu’elle était à la campagne. Par la grâce de Dieu, Pierre a eu l’amabilité de me prêter son appartement alors qu’on ne se connaissait pas. Ça m’a retourné de voir cette confiance qu’il m’accordait. C’est exceptionnel, indescriptible. Ça prouve qu’il y a encore des gens bien. »
Un parcours du combattant
D’origine camerounaise, Hubert est arrivé en France en 2008 du Sénégal où il faisait ses études. Tombé malade à la fin de son master. Il a dû quitter le pays pour se faire soigner en France. « Alors qu’il était capital pour moi de rester pour ma santé, la préfecture l’a refusé. En entrant dans cette bataille administrative en 2012, je travaillais, jusqu’en 2013 où je n’en avais plus le droit. Mais grâce à Dieu, la bataille se termine par une issue positive. Le jour du confinement, jour où je me suis retrouvé dans la rue, j’ai appris que le tribunal avait demandé à la préfecture de me régulariser.
Mais, il a fallu attendre la fin du confinement : je n’ai reçu l’autorisation de travail que le 26 juin. » Comme de nombreuses personnes en situation de précarité, Hubert a fait partie des premières personnes touchées par la pandémie de Covid-19 : « J’en ai été victime. Ça m’a pris au moins deux mois pour m’en remettre. Heureusement, j’ai été à l’abri pendant cette période : Dieu a permis que je passe de main en main, que je trouve une solution. La première semaine a été dure quand je suis sorti d’Hiver Solidaire : il ne fallait pas traîner dans la rue avec la police qui circulait alors que je ne savais pas où aller. Mais, Dieu merci, le lundi qui suivait, Coline et Jérôme m’ont trouvé cette solution d’hébergement chez Pierre. »
Outre les aides au logement d’urgence, alimentaires et l’accompagnement pour réaliser son CV apportés par les bénévoles de l’équipe de la SSVP de la paroisse de l’Immaculée Conception, Hubert a aussi pu compter sur la solidarité paroissiale, comme celle du diacre David qui l’a accompagné spirituellement et l’a aidé à trouver un nouvel hébergement après le retour de Pierre dans son appartement parisien.
Mais, en ce contexte de crise, le défi reste de taille pour Hubert afin de stabiliser sa situation et de sortir de la précarité en trouvant un travail qui lui permettra de payer le loyer du studio qui lui a été proposé et où il réside aujourd’hui à Paris. Malgré tout, Hubert reste dans l’espérance : « Ce n’est pas rose en ce moment, mais on s’accroche. Je recherche un emploi dans le domaine du contrôle de gestion, la comptabilité, l’audit. »
Des projets d’avenir
D’une personnalité discrète et altruiste, Hubert souhaite poursuivre son bénévolat au sein de l’Accueil Ozanam-Madeleine
Un mot d’espérance
« Je veux dire merci aux bénévoles de la SSVP, leur présenter ma gratitude pour tout ce qu’ils ont fait pour moi, les exhorter à continuer, et surtout à interpeller les hommes de bonne volonté pour être sensibles aux besoins des autres, comme l’a été Pierre qui, sans savoir, sans connaître, par sa propre initiative, a mis son logement à la disposition des gens qui seraient dans le besoin.
Je voudrais interpeller toutes les personnes qui liront cet article pour se laisser inspirer par cette expérience et être bienveillantes vis-à-vis des autres. »
Hubert