Incorporer les personnes aidées,
un moyen de briser la solitude.
LUC ET FABRICE, CONFÉRENCE DE DOUAI
Pour Luc, président de la Conférence de Douai, et Fabrice accompagné par l’équipe, la solitude a un écho particulier ce 11 mai 2019 lors de la rencontre organisée par la Conférence pour rompre l’isolement.

L orsqu’on lui a proposé d’organiser la première rencontre du groupe Facebook vincentien contre la solitude, la Conférence de Douai n’a pas hésité un instant et c’est avec enthousiasme que chacun a mis la main à la pâte pour faire de cette journée du 11 mai 2019 un événement.D’une nature généreuse et serviable, Luc, 62 ans, retraité de la SNCF et amateur de spécialités fromagères du Nord, est toujours partant pour apporter de l’aide et partager des temps de convivialité :« Nous sommes une vingtaine de bénévoles » explique-t-il,« tous les jours, on fait des repas le midi pour les personnes accueillies, sauf le jeudi et le dimanche.
On retrouve cette ambiance familiale. C’est
ça que j’apprécie ici.


Nous accueillons des hommes et des femmes, en grande pauvreté, parfois des personnes en situation de handicap mental qui, seules, ne pourraient pas vivre. Il y a deux bénévoles, François-Xavier et Lucie qui vont chez les gens pour casser cette solitude. »
Une aide pour rompre l’isolement
La solitude, Luc y est sensible, parce qu’il
l’a vécue : « Derrière le mot solitude, je mets la grande pauvreté, c’est-à-dire ne plus être en contact avec personne, sa famille, son enfant… C’est un grand gouffre.
Dans mon cas, d’un seul coup, je me suis retrouvé en complète solitude. Si je n’avais pas eu ces deux amies, Dominique et sa mère, je ne sais pas ce que je serais devenu. Dominique m’a présenté la Conférence. Je me suis mis au service. Ça m’a plu, c’était fructueux et j’ai continué.
Suite à mon divorce, ce qui m’a poussé à intégrer la Société de Saint-Vincent-de-Paul, c’est qu’étant seul dans la vie, j’avais besoin de m’occuper. En plus, j’ai toujours aimé aider les autres.
Le grand enjeu pour la SSVP, c’est faire mieux que ce que l’on fait déjà. J’aimerais que les personnes aidées participent à 100 % à nos activités. Ce serait une réussite de les incorporer, de travailler avec elles pour qu’elles puissent être fières de faire un repas pour les
Le bien d’être ensemble
Invité à la rencontre par Luc, Fabrice, accompagné par la Conférence depuis 3 ans, a participé avec joie à l’organisation de la journée. Suite à un AVC après lequel il a tout perdu, se sentir utile est ce qui donne un sens à son quotidien. « Je suis là quand on a besoin de moi. Et ça m’aide parce que, comme on dit : « Un homme a besoin de travailler. » Quand tu travailles, ça t’évite de penser. Le matin,tu te lèves, tu sais que tu as un but. Sans but, un homme n’avance pas. »
Débrouillard et de contact facile, Fabrice apprécie les moments partagés qui lui rappellent de bons souvenirs et sont source d’épanouissement : « Je suis à moitié martiniquais. À la maison, quand c’était réunion de famille, c’était tout le monde ensemble.On retrouve cette ambiance familiale. Ça peut ouvrir des voies aussi. Chacun a ses diplômes, ses compétences.
On s’entraide dans la simplicité. On a tous nos vies différentes, avec nos déboires. Il y a des jours où on n’est pas heureux, des jours où ça va bien, mais on sait discuter et c’est ça qui manque beaucoup aux gens à notre époque. Ça m’apporte du bien-être de discuter avec des gens, de milieux différents. On en apprend tous les jours. »
Et c’est ça que j’apprécie ici.
Confronté aux difficultés de la vie dans la rue, Fabrice a eu la chance de faire de belles rencontres qui lui ont apporté de l’aide : « Je suis à la rue mais dans mon malheur, je suis tombé sur le propriétaire d’une imprimerie où je suis allé dormir deux ou trois jours et qui m’a dit : « Je sais que vous êtes là mais vous pouvez rester autant que vous voulez. » Jusqu’à ce que ce soit rasé parce qu’il y a un problème d’amiante. »Lorsqu’il se retrouve seul dans ces spacieux bâtiments désaffectés, à la nuit tombée, Fabrice se met à rêver d’un avenir meilleur pour tous en ce lieu : « Tout le monde pourrait venir, les gens aisés comme les gens en difficulté. Ce serait un lieu ouvertà la vie. C’est ça que je voudrais ouvrir ici. » ♦
Une réponse
à la solitude
Le groupe Facebook vincentien
« Et si on parlait de solitude et d’isolement », créé en janvier 2018 pour rompre la solitude, rassemble aujourd’hui près de 2 700 personnes dans toute la France. À travers ce groupe, fermé pour préserver la confidentialité, mais auquel tout le monde peut adhérer, la bienveillance et la fraternité vincentiennes sont
la règle.