UN APRÈS-MIDI
Initiation au code de la route à Valenciennes

À Valenciennes (59), la Conférence Sainte-Thérèse du Sacré-Cœur a mis au point un atelier d’initiation au code de la route. Tous les mardis, entre 14 h et 16 h, une dizaine de migrants bénéficient de cet accompagnement original, prélude espéré à l’obtention d’un emploi. Reportage.

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7 Mai 2020

14h

15h

15h30

16h

16h30

14 h

Arrivées par grappes dans les locaux de la Conférence Sainte-Thérèse du Sacré-Cœur de Valenciennes, dix personnes sont venues ce jour-là suivre une formation au code de la route. Toutes sont d’origine étrangère, principalement d’Algérie, du Maroc et de Syrie. « On s’est rendu compte qu’ils avaient besoin d’être formés au code de la route français car ils ne connaissent pas tous les panneaux de circulation. Et souvent, c’est la condition pour accéder à un premier emploi », explique Céline Camus, présidente de la Conférence. Grâce à Sébastien, étudiant en alternance au sein de la Conférence (voir encadré), Céline a pu mettre en place cet atelier fin novembre 2019.

14 h 30

L’atelier a commencé depuis une demi-heure. Six femmes et quatre hommes sont assis studieusement. Pour eux, Sébastien a préparé une séance interactive adaptée à leurs besoins : « On est plus sur de l’initiation que sur un vrai cours, avertit le « moniteur ». On ne concurrence pas l’auto-école. » Chacun lui pose ses questions lorsqu’une difficulté de compréhension survient. Des livrets, traduits en arabe, permettent de suivre la séance.

15 h

Pendant que la formation au code de la route se déroule, Annie, dans la cuisine, salle attenante, s’occupe d’Assil, une fillette syrienne. Elle lui apprend à dessiner. « Ça permet à Rasha, sa maman, de suivre l’atelier en toute tranquillité », explique la bénévole. Sa fille, Nathalie, vice-présidente de la Conférence, qui vient d’arriver sur place, insiste sur l’accueil total des enfants lorsqu’il s’agit de soulager les parents.

15 h 30

De son côté, Sébastien poursuit ses explications et répond aux multiples questions qui lui sont posées. Pour ses « élèves », la difficulté de la langue française est encore bien réelle. « La prochaine fois, est-ce que tu pourras nous montrer des « niveaux » panneaux ? », demande ainsi Rasha, réfugiée politique syrienne. « Des quoi ? », s’exclame Sébastien. « Des « niveaux » panneaux ! », reprend Rasha. « Ah ! ! ! Des nouveaux panneaux ! » comprend enfin le quadra. Tous pouffent de rire. L’atelier se poursuit ainsi jusqu’à 16 h dans une ambiance détendue et chaleureuse. « Je fais attention à ce qu’ils soient le plus à l’aise possible, confie Sébastien à la fin de l’atelier. Le but est vraiment d’interagir et d’éviter le cours magistral. »

16 h

La simplicité des échanges et la cordialité de Sébastien n’empêchent pas les participants de prendre au sérieux la formation. Chacun suit avec intérêt les explications du code de la route français en se servant des livrets conçus par l’étudiant. Rasha, vêtue d’un voile kaki et d’un pull moutarde, est d’autant plus motivée pour apprendre le code qu’elle en a besoin si elle veut un jour pouvoir aller chercher en voiture ses enfants à l’école et conduire une de ses filles handicapée
à l’hôpital.

16 h 30

Après l’effort, le réconfort. Bénévoles et accompagnés se retrouvent tous pour un goûter auquel chacun a participé. Le thé préparé par Maha complète les sucreries et galettes marocaines assurées par Hassnaa. Ici, à Valenciennes, la relation humaine prime sur toute autre forme de considérations. Les efforts conjoints de Céline et Sébastien pour accompagner ces réfugiés semblent porter leurs fruits, au moins dans les cœurs : l’ambiance chaleureuse et joyeuse autour de la table montre que ces réfugiés sont pris en considération.

Par Joseph Vallançon
Le but est d’interagir pour éviter le cours magistral

EN SAVOIR +

Les fruits de la reconversion

Sébastien, 47 ans, en reconversion pour devenir travailleur social, est étudiant à l’université de Valenciennes : « Je devais trouver un stage en alternance. On m’avait dit beaucoup de bien de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, je m’en suis rapproché. » Depuis l’hiver dernier, il travaille donc une semaine sur deux au sein de la Conférence. « Je m’y sens très bien. Céline, notre présidente, me fait confiance et me permet de prendre des initiatives. » Outre l’atelier au code de la route qu’il a initié, il assure l’accompagnement dans les démarches administratives, l’insertion professionnelle et compte bien « relancer » les espaces potagers et fleuris solidaires dans le jardin. Pour Céline, « c’est la Providence qui a fait venir Sébastien. »

Crédit photo : Joseph Vallançon

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