NOTRE HISTOIRE 

15 Mars 2019

Frédéric Ozanam

Itinéraire d’une spiritualité

Au cœur de la vie de Frédéric Ozanam, il y a le secret d’une lumière intérieure, d’une « vie toute remplie de la pensée de Dieu. » C’est à partir de ces mots d’Amélie Ozanam-Soulacroix, son épouse, et de Marie Santas,
sa mère, que nous pouvons découvrir son itinéraire spirituel et sa sensibilité religieuse.

Dans ses lettres, Frédéric Ozanam évoque son précieux réseau d’amitié dont font partie les cofondateurs de la SSVP.

A 22 ans, Frédéric décide : « de donner au ciel, tout ce qu’on en a reçu. » À 40 ans, il fait l’offrande de sa vie : « C’est moi que vous demandez et j’ai dit : je viens Seigneur. »
Il reçoit en famille une éducation religieuse par l’exemple que lui donnent ses parents. Il dira à son ami de collège, Auguste Materne : « mon âme est remplie de joie et de consolation, c’est par la bouche d’une excellente mère qui fut si chère à mon enfance et qui nourrit si souvent mon esprit et mon cœur. »*

C’est moi que vous demandez et j’ai dit : je viens Seigneur.

À 14 ans, sa 1re communion est un tournant essentiel de sa vie spirituelle. « Jour de bonheur, puisse ma main se dessécher et ma langue restée attachée si jamais je t’oublie. »* Il prend cette résolution : « J’affirmerai de tout mon possible ma foi puisque dans ce siècle on est si exposé de la perdre. »*
Il trouva sur son chemin un guide, « un maître bien aimé », l’Abbé Noirot, qui le sortit d’une période de doute, quand il était en rhétorique : « Je connus toute l’horreur de ces doutes qui rongent le cœur pendant le jour et qu’on retrouve la nuit sur un chevet mouillé de larmes. »*

UNE FOI ROBUSTE ET RAYONNANTE

Toute sa vie, il a eu « une piété vive et consolante » écrit son épouse** : « Il se levait vers 7 à 8 h et jamais je ne le vis s’éveiller ni s’endormir sans faire le signe de la croix et prier… Il ne fit jamais rien de grave sans prier… Avant de partir pour son cours, il se mettait à genoux pour demander à Dieu la grâce de ne rien dire pour s’attirer les applaudissements mais de ne parler que pour la gloire de Dieu et pour le service de la vérité… »

Ayant une foi robuste et rayonnante, il rêve d’un renouveau du Catholicisme « pour conduire la civilisation au bonheur », en disant l’amour de Dieu et en prenant position avec charité :
• au sein d’une Église très cléricale qu’il dénonce dans sa lettre « Aux gens de bien »,
• à l’Université où il ose parler de Dieu : « Je ne gagnerais rien à dissimuler mes convictions profondes, je n’acquerrais pas la confiance des supérieurs qui me connaissent, j’y perdrais celle de la jeunesse qui m’aime »,
• par ses articles dans les médias qui ont un souffle percutant comme le célèbre « Passons aux barbares »,
– sur la question sociale, il parle dans son cours de droit de « l’exploitation de l’homme par l’homme »,
– par l’encouragement de ses confrères des Conférences. « N’introduisons la religion dans nos entretiens qu’au moment où elle y sera naturellement amenée… Craignons qu’un zèle impatient de faire des chrétiens, fasse des hypocrites. »

Par Philippe Menet,
bénévole à la SSVP

Références

« Amélie et Frédéric Ozanam à la lumière de Vatican II » R. Chevalier-Montariol
* Lettres de jeunesse à Auguste Materne
** Notes biographiques par Amélie Ozanam-Soulacroix, son épouse.
Le Livre des malades, disponible sur boutique.ssvp.fr, et la Prière de Pise

EN SAVOIR +

« L’agenouillement» de Louis Janmot

Louis Janmot, ami de retraite de communion, dans son « Poème de l’âme », a conservé le souvenir de l’exaltation mystique de Frédéric au retour de la Sainte-Table avec l’agenouillement de l’action de grâce et composa les vers suivants : « Purs comme un ciel serein que le matin colore Et rayonnant des feux de mon céleste amour Venez, mes bien-aimés, marchez comme l’aurore Jusqu’à l’achèvement du jour. »

L’offrande de sa vie : « Pourquoi craindrais-je Dieu, je l’aime tant »

Frédéric par son « Livre des malades » nous fait découvrir comment sa longue maladie est un chemin de sanctification. Ce chrétien pétri de foi entrevoit la volonté divine par l’adieu à la vie qu’il exprime dans sa « Prière de Pise » que tous les Vincentiens connaissent.

Frédéric, un saint laïc

C’est à ce titre qu’il a été béatifié : « C’est toute la jeunesse d’Ozanam qui a manifesté avec force un charisme spirituel que personne ne peut se donner parce qu’il est le fruit de la présence de Dieu dans un être humain. »

La prière quotidienne d’un Vincentien

Seigneur, affermis en moi ton esprit de charité,
Que j’ose parler de Dieu,
Que je fasse ta volonté : aimer, donner, pardonner toujours.

Précédent

Prochain

Share This