
Jumelage :
idées reçues et bonnes raisons de se jumeler
Le jumelage se fait au détriment des pauvres près de chez nous
« La Règle de la SSVP (articles 4.1 et 4.1.1) insiste sur l’option préférentielle pour les pauvres, d’où qu’ils viennent. Porter son regard au-delà des nécessaires actions de proximité pour contribuer à alléger la misère des pays en voie de développement est un devoir du Vincentien. Image de la charité chrétienne, il travaille à promouvoir la justice sociale à travers le monde.»
Le jumelage, c’est compliqué
Afin de relancer les jumelages, la Commission Internationale a allégé la procédure : si votre Conférence sait avec quelle Conférence étrangère elle souhaite se jumeler, vous n’avez qu’à remplir un bordereau d’offre, et votre interlocutrice un bordereau de demande, à adresser à la Commission Internationale. Si le projet est validé, la Commission en informe le Conseil Général International (CGI). Si vous souhaitez un jumelage sans avoir de correspondant, la Commission vous aide à en trouver un. Une Conférence française peut être jumelée avec plusieurs autres, hors-frontières. Un rapport d’activités annuel est demandé.
Cette simplification récente a nettement accru les demandes de jumelages.
Le jumelage bénéficie surtout aux Conférences aidées
« Aux chrétiens d’Éphèse, Paul rappelle qu’« il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Actes 20,35). Un jumelage harmonieux repose sur trois pieds :
• La prière commune, ainsi les « aidants » sont-ils davantage que des distributeurs de biens. Ils sont eux-mêmes portés par la prière des bénéficiaires de leurs dons. Une communion spirituelle s’établit, qui se matérialise par une prière pour la Conférence jumelée à chaque réunion d’équipe.
• L’amitié qui se concrétise par des appels téléphoniques, des mails, voire des rencontres « en chair et en os ».
Les échanges culturels sont un enrichissement mutuel.
• L’aide matérielle, essentiellement monétaire, mais qui peut être aussi technique, éducative, sanitaire…
Le jumelage favorise l’assistanat
Les Vincentiens donateurs ont à cœur de favoriser l’autonomie des Vincentiens destinataires, en se souvenant de ce proverbe béninois « Ne pas porter la cruche à la place de l’autre, l’aider à la mettre sur sa tête. » Avant tout envoi de fonds, la Commission Internationale recommande une étude approfondie des besoins et veille à la qualité de la préparation et du suivi des aides.
PLUS D’INFOS
• Manuel des Pratiques et Procédures du jumelage
• Commission Internationale : commission.internationale@ssvp.fr
MICRO-TROTTOIR
Antoine
ex-président de la Conférence du Chesnay-Rocquencourt (78)
©DR
Comme géophysicien, j’ai pris conscience, au fil de mes voyages, de la nécessité d’une fraternité au-delà des frontières. Le souhait de Frédéric Ozanam d’enserrer le monde dans un réseau de charité a résonné en moi. Aussi, en prenant la tête de la Conférence, j’ai initié des jumelages dans divers continents. Pour permettre à tout un chacun de développer ses potentialités, il faut que les besoins de base soient satisfaits : dans les pays pauvres, les gens sont heureux avec peu. En les aidant, je me sens utile, et je reçois une belle leçon de vie : leur joie m’édifie.
May,
vice-présidente de la Conférence Saint-Maron de Tripoli (Liban)
©DRJe me suis engagée à la SSVP parce que, depuis toujours, j’ai le profond désir de traduire ma foi en actes. Quand on nous a proposé un jumelage avec la Conférence Sainte-Anne-de-Montjuzet à Clermont-Ferrand, j’étais ravie car je suis très attachée à la France. Beaucoup de Libanais le sont, mais moi encore plus, car j’étais professeur de français dans mon pays ! L’aide financière apportée nous permet de distribuer des colis alimentaires et des médicaments à plus de 80 familles. Et quel cadeau d’être en communion de prière avec des Français ! Nous avons rencontré deux membres de la Conférence avec lesquels nous avons de belles relations. C’est comme une grande famille.
Florence,
secteur éducation de l’UNESCO
©DR
J’ai toujours travaillé au service de la coopération entre les peuples : j’aime l’idée de resserrer les liens, bâtir des ponts entre tous. Ça ouvre l’esprit et le cœur. Au sein de l’UNESCO, je suis en charge du programme sur l’inclusion dans l’éducation. Ce domaine est à mes yeux le pilier d’un développement humain durable. La crise que nous traversons montre que rien n’est jamais acquis, mais je crois qu’elle peut servir de révélateur. L’avenir ne se construira que sur la recherche du bien commun, avec comme priorités, l’égalité et l’inclusion.
Stéphanie,
médecin épidémiologiste à Médecins du Monde
©DR
J’ai eu envie d’intégrer le pôle Recherche et Apprentissage de cette ONG parce que soigner les populations les plus vulnérables est une très belle cause. L’accès universel aux soins me tient particulièrement à cœur. Je pilote des projets de recherche pour améliorer durablement la qualité de programmes médicaux innovants. L’épidémie frappe plus durement encore ceux qui, déjà, n’avaient pas accès aux soins. C’est un challenge pour nous de faire en sorte qu’ils ne se sentent pas abandonnés. À nous d’apporter aux exclus du système un soutien infaillible.
SUITE DU DOSSIER "RENFORCER LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE FACE À LA PANDÉMIE"
Père Roberto Gomez « Et si cette crise nous recentrait sur l’essentiel ? »
C’est le vœu que formule le Père Roberto Gomez, supérieur de la maison-mère des Lazaristes à Paris, bibliste, directeur adjoint et enseignant à l’IER.
Renforcer la solidarité internationale face à la pandémie
Menace terroriste, dérives d’un capitalisme oublieux de l’humain, accroissement des inégalités entre riches et pauvres, dégâts écologiques et maintenant crise sanitaire de dimension mondiale… L’humanité serait-elle dans une impasse ?