RÉFLÉCHIR 
8 juillet 2022

Jean-François Desclaux, c.m.

« La charité matérielle et spirituelle pour tous »

« La charité matérielle et spirituelle pour tous »

EEn 1635, Louis XIII demande « des prêtres de la mission » (dits Lazaristes) comme aumôniers. Une maison de « Lazaristes » est créée à Toul en Lorraine. La Lorraine est alors un état souverain gouverné par un duc qui fait alliance avec le roi de France ou l’empereur d’Autriche selon ses intérêts. Quand la France décide de faire la guerre à l’Espagne et à la Lorraine qui viennent de faire alliance avec l’Autriche, ce sont des armés hétéroclites composées de mercenaires mal payés qui pillent, tuent, violent et torturent. Un peintre lorrain, Jean Callot, montre dans ses œuvres la barbarie de cette guerre. Un confrère décrit la situation : « Il a découvert avec effarement plus de six cents pauvres, dont « trois cents à l’extrémité…. Plus de cent semblent des squelettes couverts de peau. Ils ont la peau comme du marbre basané et tellement retirée que les dents leur paraissent toutes sèches et découvertes. Ils cherchent aux champs de certaines racines, qu’ils font cuire et qu’ils mangent. » Avant son arrivée, ils ont mangé des chevaux morts et des serpents…

Profondément marqué par ces atrocités, Vincent et les siens dépensent leurs forces auprès des pauvres victimes de cette guerre. C’est une assistance de tous les instants et de tous. Vincent est à la manœuvre, toujours avec son sens de l’organisation et de la création. Les maisons des confrères dans la région sont transformées en lieux d’accueil et en hôpitaux. Le frère Regnard (baptisé renard) transporte des sommes colossales à la barbe des pilleurs et des armées, et il revient sur Paris avec les personnes les plus fragiles, filles et enfants, qui sont hébergés à Saint-Lazare, chez les Filles de la Charité ou dans des familles qui leur procurent des emplois. De la nourriture est envoyée à Saint-Lazare, des réserves financières sont mises au service des réfugiés… Vincent crée aussi des groupes de soutien agissant dans la discrétion pour respecter « les pauvres honteux ». À des confrères sur le terrain qui ont tendance à favoriser les catholiques, il exige que la charité matérielle et spirituelle soit pour tous. 

Il s’engage aussi auprès des autorités politiques, en particulier Richelieu, pour demander la paix.

C’est la foi qui guide Vincent et aujourd’hui c’est cette même foi qui éclaire le projet de Dieu sur l’homme et sa dignité. Les fruits de la terre appartiennent à tous pour son bonheur. La mission que Vincent a donnée aux Filles de la Charité allant sur les champs de bataille résume sa vision : « réparer ce que la violence et le péché des hommes ont détruit ». C’est ainsi redonner visage à tout homme créature et fils de Dieu. 

Redonner visage à tout homme créature et fils de Dieu.

E
En 1635, Louis XIII demande « des prêtres de la mission » (dits Lazaristes) comme aumôniers. Une maison de « Lazaristes » est créée à Toul en Lorraine. La Lorraine est alors un état souverain gouverné par un duc qui fait alliance avec le roi de France ou l’empereur d’Autriche selon ses intérêts. Quand la France décide de faire la guerre à l’Espagne et à la Lorraine qui viennent de faire alliance avec l’Autriche, ce sont des armés hétéroclites composées de mercenaires mal payés qui pillent, tuent, violent et torturent. Un peintre lorrain, Jean Callot, montre dans ses œuvres la barbarie de cette guerre. Un confrère décrit la situation : « Il a découvert avec effarement plus de six cents pauvres, dont « trois cents à l’extrémité…. Plus de cent semblent des squelettes couverts de peau. Ils ont la peau comme du marbre basané et tellement retirée que les dents leur paraissent toutes sèches et découvertes. Ils cherchent aux champs de certaines racines, qu’ils font cuire et qu’ils mangent. » Avant son arrivée, ils ont mangé des chevaux morts et des serpents…

Profondément marqué par ces atrocités, Vincent et les siens dépensent leurs forces auprès des pauvres victimes de cette guerre. C’est une assistance de tous les instants et de tous. Vincent est à la manœuvre, toujours avec son sens de l’organisation et de la création. Les maisons des confrères dans la région sont transformées en lieux d’accueil et en hôpitaux. Le frère Regnard (baptisé renard) transporte des sommes colossales à la barbe des pilleurs et des armées, et il revient sur Paris avec les personnes les plus fragiles, filles et enfants, qui sont hébergés à Saint-Lazare, chez les Filles de la Charité ou dans des familles qui leur procurent des emplois. De la nourriture est envoyée à Saint-Lazare, des réserves financières sont mises au service des réfugiés… Vincent crée aussi des groupes de soutien agissant dans la discrétion pour respecter « les pauvres honteux ». À des confrères sur le terrain qui ont tendance à favoriser les catholiques, il exige que la charité matérielle et spirituelle soit pour tous.

Il s’engage aussi auprès des autorités politiques, en particulier Richelieu, pour demander la paix.

C’est la foi qui guide Vincent et aujourd’hui c’est cette même foi qui éclaire le projet de Dieu sur l’homme et sa dignité. Les fruits de la terre appartiennent à tous pour son bonheur. La mission que Vincent a donnée aux Filles de la Charité allant sur les champs de bataille résume sa vision : « réparer ce que la violence et le péché des hommes ont détruit ». C’est ainsi redonner visage à tout homme créature et fils de Dieu.

 

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