L’amitié, c’est tout ce qu’on peut partager !
C’est comme si Thérèse et Ruth étaient faites pour se rencontrer. Depuis que Ruth, étudiante en économie de 26 ans, visite Thérèse âgée de 97 ans, à son domicile, chaque semaine, une belle amitié est née.
L’INVITÉE
Malgré la pandémie qui persiste depuis maintenant plus d’un an, Ruth a tout de suite accepté la proposition de Jocelyne, présidente de l’équipe de la SSVP de la Cathédrale de Clermont-Ferrand, lorsqu’elle l’a informée qu’une femme l’avait sollicitée pour visiter sa mère âgée, fragilisée suite à une chute. Ainsi, depuis mai 2020, Ruth visite Thérèse, qui habite près de chez elle et fréquente la même paroisse, en respectant les gestes barrières.
Chaque visite est l’occasion de partages sur des sujets divers. Lorsque Ruth lui demande ce qui a été le plus difficile à vivre durant le confinement, Thérèse montre une sérénité admirable : « Rien. On s’adapte facilement, surtout dans le commerce. J’ai toujours travaillé dans le commerce : tu es obligé de te glisser, de suivre le mouvement, donc automatiquement… » C’est de cette manière que Thérèse a vécu les deux périodes de confinement : « En faisant ce qu’il y a de plus simple : se laisser faire. Parce que je ne me casse plus la tête maintenant. »
Quand la santé va…
En fait, ce qui contrarie le plus Thérèse, qui aime sortir et bouger, c’est sa santé qui s’est fragilisée, suite à sa chute, et ses forces qui ont décliné avec l’âge. Car ce qui est essentiel pour Thérèse est simple : « Que je ne sois pas malade et que je sois bien. Si je n’étais pas toute cassée, ça irait très bien. C’est ça qui est embêtant. Mais ça ne m’empêche pas de sortir un peu tout de même. Je souffle, mais je sors, parce qu’il faut que mes jambes marchent. Aujourd’hui, je me suis assise sur le banc au soleil et puis je me suis dit : « Elle va venir, il vaut mieux rentrer. » »



Crédit photo : SSVP
Fidèle au rendez-vous, Ruth l’est aussi. La jeune femme éprouve beaucoup d’admiration pour Thérèse avec laquelle, au fil des visites, elle a tissé une relation d’amitié : « Ce n’est pas tous les jours qu’on voit une dame aussi âgée. Au départ, je ne savais même pas qu’elle avait 97 ans. Elle est avancée en âge et malgré sa chute, elle fait des efforts pour bouger, elle ne se laisse pas faire. À chaque fois, elle me dit : « Je n’étais pas comme ça avant. Si tu m’avais connue avant ma chute… J’aime vraiment bouger. Mais bon, c’est la vie. C’est comme ça, on n’y peut rien. » J’aime bien aller la voir parce que je l’admire. Je trouve que c’est une femme vraiment courageuse et très gentille aussi. Quand je vais la voir, je sais que ça lui fait du bien. Et les visites me font du bien également. C’est 45 minutes, une heure, pendant lesquelles j’arrête de penser à tous mes soucis. Là, on parle et dans mon cœur, je fais quelques prières pour elle. Face à ses difficultés, je dis toujours : « Seigneur, aide-la à surmonter toutes ses difficultés. Donne-lui la force.« Parce que ce n’est pas facile. Elle me dit souvent qu’il ne fallait pas cette chute dans ses derniers jours. Je lui dis : « Ce n’est pas donné à tout le monde de vivre jusqu’à cet âge. C’est vraiment une grâce du Seigneur. » Elle me dit « oui » et qu’il faut faire avec, parce qu’il a permis cela. »
« Se laisser faire »
Thérèse n’a aucun doute sur ce qu’elle apprécie dans ses rencontres avec Ruth, elle répond avec vigueur et sans hésiter : « La jeunesse ! Ça distrait ! Ça fait passer le temps. On cause, c’est tout ce qu’on peut faire. On s’explique, on parle. On dit une chose et une autre. Quand il fait beau temps, comme aujourd’hui, on sort marcher. » Dans une belle déclaration, Thérèse révèle alors à Ruth ce qu’elle aime particulièrement partager lors de ses visites : « L’amitié ! C’est tout ce qu’on peut partager. Je n’ai rien à t’offrir. Je n’ai plus rien dans le frigo, plus rien ! J’attends ma fille. Elle m’a dit qu’elle viendrait dimanche me faire des courses. »
Il n’en fallait pas plus pour attirer l’attention de Ruth, toujours vigilante, lors de ses visites, sur les besoins de Thérèse et sur la manière avec laquelle elle peut l’aider :
« – Est-ce que vous avez besoin de quelque chose avant dimanche ?
– Alors, il me faut du café. Un petit paquet de café, c’est léger. Ce qui est léger, je peux l’acheter. Mais ce qui est lourd, je ne peux pas.
– Si vous voulez, comme je vous l’ai dit, je peux vous accompagner prendre deux ou trois petites choses.
« Se laisser faire »
Thérèse n’a aucun doute sur ce qu’elle apprécie dans ses rencontres avec Ruth, elle répond avec vigueur et sans hésiter : « La jeunesse ! Ça distrait ! Ça fait passer le temps. On cause, c’est tout ce qu’on peut faire. On s’explique, on parle. On dit une chose et une autre. Quand il fait beau temps, comme aujourd’hui, on sort marcher. » Dans une belle déclaration, Thérèse révèle alors à Ruth ce qu’elle aime particulièrement partager lors de ses visites : « L’amitié ! C’est tout ce qu’on peut partager. Je n’ai rien à t’offrir. Je n’ai plus rien dans le frigo, plus rien ! J’attends ma fille. Elle m’a dit qu’elle viendrait dimanche me faire des courses. »
Il n’en fallait pas plus pour attirer l’attention de Ruth, toujours vigilante, lors de ses visites, sur les besoins de Thérèse et sur la manière avec laquelle elle peut l’aider :
« – Est-ce que vous avez besoin de quelque chose avant dimanche ?
– Alors, il me faut du café. Un petit paquet de café, c’est léger. Ce qui est léger, je peux l’acheter. Mais ce qui est lourd, je ne peux pas.
– Si vous voulez, comme je vous l’ai dit, je peux vous accompagner prendre deux ou trois petites choses.
Non, j’ai besoin d’eau et d’autres choses, mais je le prendrai.
– Est-ce que vous avez de l’eau jusqu’à dimanche ?
– J’aurais voulu que tu ailles en acheter.
– Oui, bien sûr. »
Au fond, « se laisser faire », comme dit Thérèse, n’est-ce pas aussi tout simplement accepter d’être aidée ?
Anne-Marie Tossou, rédactrice en chef
Non, j’ai besoin d’eau et d’autres choses, mais je le prendrai.
– Est-ce que vous avez de l’eau jusqu’à dimanche ?
– J’aurais voulu que tu ailles en acheter.
– Oui, bien sûr. »
Au fond, « se laisser faire », comme dit Thérèse, n’est-ce pas aussi tout simplement accepter d’être aidée ?
Anne-Marie Tossou, rédactrice en chef
La visite à domicile : une vocation
Ce qui a attiré Ruth vers la SSVP, lorsque le père Agostino, prêtre de sa paroisse, lui en a parlé, « c’est le fait de pouvoir visiter les personnes seules, leur venir en aide. J’ai trouvé que c’était vraiment bien, parce que quand je suis arrivée à Clermont-Ferrand, je vivais chez des amis de ma sœur. Donc, je ne me suis pas sentie trop seule, mais je me dis que s’ils n’avaient pas été là, je me serais sentie tellement seule. Je sais ce que c’est. » Les bénévoles de la Conférence de la Cathédrale de Clermont-Ferrand visitent une vingtaine de personnes âgées à domicile et en établissement spécialisé.