AU CŒUR DE L’ACTION • MAIN DANS LA MAIN
15 Mai 2019
Crédit photo : Getty Images
ATELIER « Français Langue Étrangère » À BORDEAUX

Langue et culture : deux vecteurs d'intégration

Dans la banlieue proche de Bordeaux, les Vincentiens de la Conférence de Caudéran ont mis en place des ateliers de Français Langue Étrangère (FLE) pour accompagner les personnes migrantes dans leur insertion. Une formation qui se déroule à merveille grâce au concours de la paroisse, de la mairie, des formateurs, des Vincentiens et à l’assiduité des apprenants.

«Pour moi il ne s’agit pas uniquement d’accéder à une langue mais à une culture. » Viane Roussillon, responsable des ateliers de Français Langue Étrangère (FLE) à la Conférence Saint-Amand de Caudéran (33) est une alliée de poids aussi bien pour les bénévoles que pour les migrants. « Au préalable, il faut savoir apprécier leur niveau linguistique. Étaient-ils alphabétisés dans leur langue natale ? Ont-ils déjà suivi des formations au cours de leur migration ? C’est mon rôle de les accueillir et de les écouter. »

L’oral l’emporte sur l’écrit

Quant aux bénévoles, ils doivent s’investir dans la durée et suivre obligatoirement une formation en plusieurs étapes, ici avec le CLAP qui gère le Dispositif Permanent de Lutte contre l’Analphabétisme et l’Illettrisme (DPLAI). Oubliées les méthodes d’apprentissage à base d’album du Père Castor ou de méthode Boscher. Il faut parfois passer par le langage des signes pour se faire comprendre. Dans la formation au FLE, l’oral l’emporte sur l’écrit. Dans un premier temps, pas de littérature et d’orthographe. « Je, tu, vous » sont les trois personnes qu’il lui faut connaître pour atteindre une certaine autonomie et être à l’aise avec les notions d’identité, nourriture, transports, santé, école, poste, etc.

L’apprenant s’engage lui aussi : deux heures par semaine de septembre à juin. Il signe un contrat pédagogique tripartite entre lui, le formateur et la Conférence. Les ateliers ont lieu dans des locaux paroissiaux, et grâce à une subvention de la mairie, les Vincentiens disposent d’un budget pour acheter les méthodes avec CD ou DVD. À l’issue de la formation, l’apprenant se voit délivrer une attestation qui permet de nourrir un dossier à Pôle emploi ou en préfecture.

Curieux et assidus

« Nous avons surtout des femmes car en journée beaucoup d’hommes travaillent, raconte Viane Roussillon. Parmi eux, un Vietnamien en formation pour devenir diacre. Non seulement il aura besoin de prêcher mais aussi de bien maîtriser les textes bibliques. C’est le travail original qu’il fait avec sa formatrice. Un autre est vétérinaire originaire du Kosovo. Lors d’une séance, il est venu avec ses instruments pour savoir les nommer en français et a proposé une consultation pour le chien de la formatrice. » Côté culture, la Conférence a monté un partenariat avec un théâtre pour avoir un accès gratuit aux séances scolaires. Les migrants ont découvert ainsi les fables de La Fontaine dans l’écrin d’un petit théâtre. Un pan de culture française que les apprenants n’oublieront pas.
BenoÎt Pesme, Responsable du Développement des RH bénévoles et formation

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