RÉFLECHIR
Le Christ vit et te veut vivant !
Riche, encourageant, lucide, vivifiant, stimulant, tels sont les quelques adjectifs qui surgissent à l’esprit en lisant l’Exhortation apostolique Christus Vivit, parue six mois après le Synode sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel » qui s’est déroulé du 3 au 28 octobre dernier au Vatican.
Aziz Christian Coulibaly, membre du Conseil d’administration de la SSVP France
Dès le premier paragraphe, le pape nous rappelle ce que chacun de nous oublie parfois : « [Le Christ] Il vit et Il te veut vivant ! ». Oui, Jésus « le compagnon et l’ami des jeunes », nous invite à vivre pleinement la jeunesse, cette étape hautement décisive de l’existence humaine, comme lui l’a vécue. Et quelle profonde joie a jailli de mon cœur, quand à travers l’explication faite par François (§ 23-29), j’ai revisité l’adolescence et la jeunesse du Christ, le Verbe incarné ! Il était cet homme ordinaire qui « entretenait des relations normales » avec les gens de sa communauté, apprenait le métier de charpentier mais qui en même temps, dans l’intimité du Père, se préparait à sa mission rédemptrice. Cet appel à la vie par la mission que Dieu a pour chaque être humain est constamment présent dans cette exhortation.
LE DON DE LA JEUNESSE
À travers toutes ces figures jeunes de la Bible (§ 6-19) et les jeunes saints (§ 51-62), tout jeune peut se rendre compte que Dieu ne le méprise pas, mais au contraire désire cheminer avec lui et l’aider à se réaliser pleinement dès sa jeunesse. En effet, « Jésus, l’éternel jeune, veut nous faire don d’un cœur toujours jeune » et non d’un cœur vieilli, car attaché aux passions vaines et recherchant inlassablement la sécurité et le confort dans les richesses terrestres. Il désire nous accompagner tel un ami. Et que peut-on donner à un ami sinon ce qui lui procurera une joie profonde ? Jésus connaît la particularité du cœur des jeunes, ce cœur qui foisonne de rêves,
d’ambitions, de projets, de grands idéaux, mais qui est marqué par des blessures, des angoisses et des illusions. Face à nos soifs et fragilités, il nous dit : « Venez et voyez » (Jean 1, 39), il appelle chaque jeune à ne pas avoir peur, à oser, à s’engager, à prononcer – à l’instar de la jeune Vierge Marie – ce « oui » courageux et fécond, qui libère et donne d’être saint c’est-à-dire « être plus pleinement toi-même, être ce que Dieu a voulu rêver et créer, pas une photocopie ». Le pape nous invite à fréquenter la prière et le silence, non pas pour se renfermer sur soi-même mais au contraire pour expérimenter cette relation intime et personnelle avec le Dieu vivant qui nous garantit un cœur jeune, doux, humble et généreux.
L’ESPRIT SAINT TOUJOURS À L’œUVRE
Dans un monde en crise – où l’hédonisme et l’individualisme deviennent la norme – et sujet à des changements profonds, ma grande consolation en lisant Christus Vivit a été de constater que l’Esprit Saint est toujours à l’œuvre dans notre grande famille vincentienne. Car, l’espérance, la confiance et l’affection que le pape porte aux jeunes, étaient déjà transmises l’été dernier lors de la 2e Rencontre internationale des jeunes de la SSVP à Salamanque, dont le thème était : « Le jeune vincentien, protagoniste du présent et de l’avenir ». Et pendant que le pape demande à la pastorale des jeunes de créer le cadre dans lequel les jeunes deviennent « missionnaires dans les milieux des jeunes » et mettent leur imagination,leur vigueur, leur créativité et leur audace au service de tous, le Conseil national de France confie à deux jeunes (Yoen et moi) la mission de construire et de dynamiser le réseau jeune.
Les 30 et 31 mars à Paris, lors du premier rassemblement national des présidents des Conférences jeunes de France, nous avons pu constater avec joie cette soif de vie fraternelle, ce désir de l’engagement du chrétien dans le monde, cette volonté d’affronter les défis de notre temps et ce puissant chemin de croissance spirituelle qu’est le service des pauvres que mentionne le pape François.
ENSEMBLE POUR LE RENOUVEAU
Christus vivit 1 est un don de l’Église qui peut significativement aider la SSVP en France dans son désir profond de renouveau et de sainteté qui s’appuie sur les jeunes. À travers des pistes de réflexion comme l’art, le sport et l’exercice de la « grammaire de l’amour » pour affermir la communion fraternelle, la nécessaire collaboration entre les jeunes et les anciens pour un enrichissement mutuel, et la place centrale de la prière et du silence dans la vie du chrétien, nous pouvons nous ouvrir à de nouvelles perspectives et offrir à notre tour, au monde, notre inestimable héritage vincentien encore méconnu.
Que l’Esprit Saint nous accompagne dans notre marche avec nos frères « les plus petits » (Matthieu 25, 40) et attire encore plus de jeunes amoureux de Jésus dans nos Conférences.