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15 Juillet 2020

TÉMOIGNAGE

David et Marie-Jeannine, Conférence Sainte-Rosalie Paris 13e

« Le téléphone nous a permis de briser des barrières »

David rend visite depuis trois ans à Marie-Jeannine rencontrée à l’occasion d’une distribution alimentaire organisée par la Conférence. Ce confinement a été une épreuve, mais a finalement renforcé leurs liens.

Quelle a été votre réaction à l’annonce du confinement par rapport à M-J ?

David : Je savais à quel point l’isolement allait être difficile. Comment vivre une telle épreuve seule ? Quel en serait l’impact psychologique ? Ne pas pouvoir sortir allait être une véritable source de solitude et de douleur. Mon ambition première a donc été de maintenir le contact. J’ai contacté M-J quotidiennement et nous avons pris le temps d’échanger.

Qu’est-ce qui a changé entre une visite à domicile classique et une visite par téléphone ?

D : Lors des visites à domicile classiques, je l’ai toujours appelée par son nom de famille. Je crois que le téléphone nous a rapprochés, aujourd’hui nous nous appelons par notre prénom. Cela a renforcé et intensifié notre relation amicale. Nous sommes allés plus loin dans les sujets abordés au quotidien. Nous parlions de ses souffrances, de ses peurs, et aussi de notre relation à Dieu.
Est-ce que le téléphone est un nouvel outil dans votre relation avec M-J ?

D : J’ai fait en sorte de l’appeler chaque jour du confinement, chose impossible dans la visite traditionnelle. Le téléphone nous a permis de briser certaines barrières émotionnelles et de réaliser des contacts plus fréquents. J’imagine désormais jongler entre visite à domicile et visite par téléphone.

Comment avez-vous vécu ce confinement ?

Marie-Jeannine : C’était très difficile pour moi. Confinée à Paris dans mon petit appartement de 17 m². Mon état de santé ne me permettait pas de sortir. Je suis donc restée enfermée pendant deux mois. Ma sensibilité a largement augmenté et j’avais tendance à pleurer pour rien. La solitude… C’est terrible. L’idée de ne plus pouvoir sortir, de ne plus voir du monde, de ne plus aller à la messe, car je suis très croyante, a été pour moi une nouvelle très difficile.

Comment réussir à gérer cette solitude ?

M-J : Il y avait David, qui prenait le temps de m’appeler chaque jour pendant une heure, de me réconforter. Cela m’a beaucoup aidée. C’est essentiel de pouvoir parler à quelqu’un. Sans lui, je serais restée deux mois dans un isolement total, sans possibilité d’échanger avec le monde extérieur. Cette relation a donné naissance à une amitié. David est une belle personne.

 

Propos recueillis par Jean-Charles Mayer,
responsable de la communication

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