Nous sommes tous
enfants de Dieu
Pour Coline, bénévole à la Conférence parisienne Saint-Germain-des-Prés, et Lucien, accompagner à l’accueil Hiver Solidaire, le pèlerinage Fratello à Lourdes, du 14 au 17 novembre 2019, a permis de retrouver ou développer, dans les cœurs des participants, la foi si chère à notre fondateur.

M i-novembre, lors du pèlerinage Fratello, près de 1 400 participants se sont réunis à Lourdes à l’occasion de la Journée mondiale des Pauvres. Parmi eux, un groupe de 35 personnes de la SSVP, composé de 24 accueillis et de 11 bénévoles. Une expérience riche en émotions placée sous le signe de la fraternité et de la prière, deux piliers de notre association. Lucien est accueilli, Coline bénévole, mais comme nous l’explique si bien Lucien, ici, au cœur du sanctuaire, cela n’a plus d’importance car nous sommes tous frères. Il n’y a plus ni pauvres ni riches, ni étudiants, SDF, actifs ou retraités, ni jeunes ni vieux, nous sommes tout simplement enfants de Dieu. Et nous sommes tous venus boire à la source pour renouveler notre foi dans la joie.

Crédit photo : SSVP
« Je lui ai proposé de m’aider, il a dit oui sans hésiter » Coline
C’est un état de grâce entre les êtres, où les frontières s’abolissent, où on aime l’autre comme il est.
Le cœur sur la main
En fait, Lucien, 53 ans, trois enfants, deux petits-enfants, n’est pas vraiment un accueilli car il donne autant qu’il reçoit. Lucien a le cœur sur la main, il est toujours prêt à aider et c’est ce qui a touché Coline lors de leur première rencontre sur le boulevard Saint-Germain en juillet dernier par un beau matin. « Il était là, juste en bas de chez moi, je lui ai proposé un petit-déjeuner, on a parlé et progressivement on a appris à se connaître. Et c’est une belle amitié qui est née. Il a rencontré mon compagnon et depuis, il mange souvent à la maison, il est un peu de la famille, il fait partie de nos vies. Lucien, c’est quelqu’un de tellement adorable
qu’on a forcément envie de l’aider et si on peut faire en sorte que ce soit un peu moins dur pour lui, on est ravis. Alors quand on m’a donné la chance d’organiser le pèlerinage Fratello, c’est tout naturellement que je lui ai proposé de m’aider sur place car les missions étaient nombreuses et il a dit “oui”, sans hésiter ! On sent que ça lui fait plaisir, il est très à l’écoute pour accompagner et rendre service. C’est vraiment très beau et j’ai l’impression que ça l’a libéré, révélé. »
Retrouver la foi
Oui, Fratello a touché Lucien, profondément, ça l’a réconcilié avec l’humanité.« Dans la rue, j’ai rencontré plein de personnes formidables, comme David, mon pote de galère, Laure et puis Coline bien sûr. Alors quand Coline m’a proposé de partir à Lourdes avec le groupe de l’accueil Ozanam Madeleine, j’ai accepté.
Ça me faisait un peu peur de partir comme ça à l’aventure car dans ma condition, ce n’est pas si simple d’envisager un voyage, mais c’est impossible de dire non à Coline, c’est un ange.Et puis pendant ces derniers mois, Coline m’a aidé à retrouver la foi. Même si je ne l’avais pas vraiment perdue, moi, j’étais un peu perdu. Elle m’a donné envie de retourner à l’église aussi alors je me suis dit qu’en tant que chrétien catholique, il fallait que j’aille à Lourdes au moins une fois dans ma vie. Ce pèlerinage et tous les bénévoles mobilisés m’en ont donné l’occasion et j’en suis heureux car Fratello pour moi ce fut plein de rencontres, d’amour, d’amitié et de joie, plein de bonheur. J’ai rencontré des gens super gentils, les personnes de mon groupe Saint-Vincent-de-Paul avec qui je me sens bien car j’ai appris à les connaître et puis les animateurs qui se sont vraiment bien occupés de nous, c’était magnifique. »
Un avant-goût du Ciel
Depuis son retour du pèlerinage à Lourdes, Lucien est transformé, il s’est ouvert, quelque chose a guéri en lui, c’est un petit miracle de Lourdes. Il aide Bruno, le compagnon de Coline, tous les dimanches à la soupe de Saint-Eustache, où il a d’ailleurs aidé aussi le soir de Noël.
Et puis, depuis décembre, il a un petit boulot, trouvé par le concierge de l’immeuble. Il fait aussi partie du programme Hiver Solidaire de Saint-Germain-des-Prés où il partage une chambre avec Maurice, qui était au pèlerinage avec l’association Aux Captifs la Libération, « un petit bonhomme trop adorable » avec lequel il s’entend « super bien ».
« Il va régulièrement à l’église de Saint-Étienne du Mont, parce qu’il y retrouve ses amis de Fratello, Paul, Jean-Baptiste, Schleuder et ça, ça fait du bien. em>Oui, vivre Fratello, que l’on soit bénévole ou accueilli, ça nous change, ça nous touche, ça nous fait du bien. Et comme le dit si bien Coline, « Fratello, c’est un moment de communion, un état de grâce entre les êtres où les frontières s’abolissent et où on aime l’autre comme il est. Il y a vraiment quelque chose qui se met en place entre les participants. C’est bouleversant, ça donne comme un avant-goût du Ciel. En repartant, on a encore plus envie d’apporter notre pierre à l’édifice, de retrousser nos manches pour aider notre prochain et d’ouvrir nos cœurs. » ♦
Aude Géant, bénévole de Paris
La SSVP au pèlerinage Fratello
Fratello veut servir la rencontre avec les plus pauvres et leur donner la place qui leur revient dans l’Église : la première ! « L’accompagnement des personnes en grande précarité fait partie intégrante de la mission de la SSVP, c’est tout naturellement que l’on a décidé de s’inscrire dans cette démarche. » (Aude Géant)