LE DOSSIER 

Paroles d’espérance
en temps de crise

Des citations d’hier et d’aujourd’hui pour garder l’espérance.

 

« La mort n’est pas le dernier mot »

« Nous avons été surpris, pris à contrepied. Nous avons pu penser que la technique moderne, la médecine, nous permettraient de ne jamais mourir. Or la mort a rôdé, elle nous a fait peur, et nous n’étions pas préparés. Nous devons manifester notre confiance, parce que nous croyons que le Christ est ressuscité et que la mort n’est pas le dernier mot, et nous avons à le manifester aussi dans nos vies. »

Mgr Michel Aupetit (message pour la rentrée du 8 septembre 2020)

« Le tort de beaucoup, c’est d’espérer peu »

« L’Espérance ! Le tort de beaucoup de chrétiens de nos jours, c’est d’espérer peu […] Ce sont les apôtres dans la barque pendant l’orage : ils oublient que le Sauveur est au milieu d’eux. Dans ces temps de désunion, on est trop heureux de tout ce qui peut unir, et quand le plus grand nombre des hommes prennent tant de peine pour se haïr, comment ne tâcherions-nous pas de nous aimer ? Puisque [Notre-Seigneur] est au milieu de nous, que nous reste-t-il à craindre, et ne serons-nous pas bien gardés contre les périls qui nous entourent ? »

Frédéric Ozanam (Lettre à Prosper Dugas, 12 juillet 1849

« Que tant de souffrance ne soit pas inutile »

« Plaise au ciel que tant de souffrance ne soit pas inutile, que nous fassions un pas vers un nouveau mode de vie et découvrions définitivement que nous avons besoin les uns des autres et que nous avons des dettes les uns envers les autres, afin que l’humanité renaisse avec tous les visages, toutes les mains et toutes les voix au-delà des frontières que nous avons créées ! »

Pape François (Fratelli Tutti, §35)

« Une heureuse contagion »

« C’est dans les petits gestes, les petites attentions, les petits mots de réconfort, les enjouements, que cette vertu [d’espérance] transparaîtra en nous […] Le Christ n’a-t-il pas crié sur le Golgotha : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Mais c’est entre les mains de son Père qu’il remet son esprit l’instant d’après, sur la Croix. Nous aussi, que ceux qui nous voient aller nous coucher le soir, pensent tout bas, même implicitement : « Ils vont se reposer dans les bras de leur Père céleste ! ». Ainsi, par une heureuse contagion, l’espérance qui habite en nous pourra-t-elle se répandre et essaimer, fût-ce à leur insu, dans le cœur et l’esprit de nos proches ?»

Jean-Michel Castaing, licencié en théologie de l’Institut catholique de Toulouse (Aleteia, avril 2020)

MICRO-TROTTOIR 

Claire Neve,
23 ans, Le Mans

Dans le cadre de notre nouvelle Conférence SSVP Jeunes, j’ai lancé avec une autre membre et amie, une chorale pour des enfants de 8 à 12 ans, en espérant que nous pourrons aller chanter dans des maisons de retraite. Dans notre société hyper catégorisée, les rencontres intergénérationnelles me paraissent importantes, pour les personnes âgées comme pour les enfants. L’idée me tenait à cœur depuis longtemps, mais après le premier confinement, je suis encore plus motivée pour le faire. On verra si les conditions sanitaires nous le permettent, mais je me suis lancée, sinon on ne fait jamais rien. Cette confiance est très liée à mon espérance chrétienne. Même si tout ne se passe pas comme prévu, nous n’aurons pas de regrets

Christine Comas,
salariée de la délégation de Franche-Comté du Secours Catholique

Avec le confinement, des personnes que nous accompagnons étaient en difficulté pour s’alimenter, alors que des petits producteurs que je connais étaient privés d’accès au marché. La crise a été l’occasion de lancer un projet local de paniers solidaires en circuit court. En partenariat avec des producteurs, nous livrons un panier frais à des bénéficiaires dans le besoin que nous connaissons. Au-delà de l’aide matérielle, le projet est très riche humainement : les personnes échangent, font partie d’un réseau local, retrouvent le plaisir de cuisiner et de manger sainement. Cela a été le point de départ d’un projet qui nous dépasse maintenant et ne cesse de se développer !

Rémi Rousseau,
salarié solidaire ATD Quart Monde, Île-de-France

Pendant le premier confinement, j’ai sillonné l’Île-de-France en scooter pour équiper des personnes en téléphones et matériel informatique, en partenariat avec Emmaüs Connect. Certains ne pouvaient plus toucher leurs aides, les permanences des institutions étant devenues difficiles d’accès. D’autres en avaient besoin pour l’école de leurs enfants, ou pour rester en lien avec l’extérieur, alors qu’ils ne pouvaient plus acheter de crédits pour leurs téléphones. Au début, je distribuais plusieurs cartes dans la matinée, puis j’ai compris qu’ils avaient besoin de parler. Le tout numérique est un énorme problème, qui vient ajouter une exclusion de plus à certaines personnes déjà éprouvées.

Marie,
77 ans, Paris

Je fais partie de la chaîne de la « bienveillance », initiée par une paroissienne de Saint-Léon pour veiller sur les personnes seules. Chaque jour, j’envoie un message à celle qui est devenue mon « ange gardien », pour lui dire que tout va bien, et elle me répond. Cela m’a apporté beaucoup de sécurité, parce que je souffre d’une maladie neuro-dégénérative qui m’a enlevé certaines de mes facultés motrices. Mais ce lien va bien au-delà : elle m’envoie des photos de ses vacances, me rend visite avec des fleurs ou des friandises… Nos relations sont devenues amicales. C’est d’autant plus précieux depuis la crise, alors que je souffre de ne plus avoir aucun contact physique avec mes enfants et petits-enfants quand ils me visitent.

SUITE DU DOSSIER "L'ESPÉRANCE POUR SURMONTER LA CRISE COVID-19"

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