Quelques conseils pour prier ensemble
Partager l’Évangile
On peut inviter la personne visitée à la messe. Ou bien, en petit groupe, on lit un extrait de la Bible et on partage ce qu’il nous évoque. Quelques règles, à bien énoncer en début de séance : maintenir un climat d’écoute et de bienveillance. Parler en utilisant le « je ». Bien expliquer qu’on a le droit de ne pas savoir, et donner la parole à chacun, mais n’obliger personne à parler. Avoir le souci des personnes plus en retrait ou fatiguées. Se tenir aux règles et au temps imparti.


Préparer ensemble
En amont d’un temps fort spirituel avec des personnes en situation de précarité, il est important de les associer à la préparation. Organiser une rencontre pour y réfléchir ensemble, passer les voir ou leur téléphoner pour en parler avec eux… Une démarche qui n’est pas simplement formelle, mais qui invite à se laisser enseigner et convertir par leur façon de voir. Le temps de prière n’en sera que plus riche.
Prier avec son corps
La prière passe aussi par le corps. À la Pierre d’Angle, on commence chaque temps de prière par un grand signe de croix gestué. Parmi les formes d’expression particulièrement adaptées aux personnes qui ont des difficultés à s’exprimer, la méthode de la parole incarnée invite chaque participant à mimer la Parole de Dieu.


Marcher ensemble
De nombreuses associations chrétiennes invitent bénévoles et personnes accueillies à prendre part ensemble à des marches ou des pèlerinages : marcher ensemble fait tomber les barrières et les étiquettes. On prend le temps de la rencontre et on se serre les coudes. Marcher, c’est aussi se mettre en route, physiquement et intérieurement. Pourquoi ne pas le proposer à ceux que nous rencontrons ?
POUR EN SAVOIR PLUS
Des pistes à retrouver dans Le guide de la Diaconie, publié en octobre 2018 dans la continuité de la première
« Université de la Solidarité et de la Diaconie » qui s’est tenue à Lourdes fin 2017. En vente sur : http://boutique.ssvp.fr/
Ou à télécharger : https://servonslafraternite.net/boite-a-outils/guide-pratique-pour-vivre-la-diaconie.
MICRO-TROTTOIR
BENOÎT, bénévole à la SSVP
Depuis ma conversion, j’ai une grande envie de témoigner de ma foi. J’ai pris l’habitude de poser cette question aux personnes que je rencontre : « Avez-vous un peu de spiritualité ? ». Je n’avais pas vraiment eu l’occasion de prier formellement avec l’une d’elles, jusqu’à une visite récente avec Isabelle, une dame très en détresse. J’ai senti que nous pouvions prier ensemble. J’ai pris le temps de choisir une musique, une prière qui m’a semblé adaptée à sa situation. Lors de ma visite suivante, avec une autre bénévole, après avoir pris des nouvelles, je lui ai proposé ce petit temps de prière. Nous nous sommes pris la main, avons invoqué l’Esprit-Saint et prié. Il y a eu des larmes, ce fut un très beau moment, qui nous a fait autant de bien qu’à elle.

reçoit les visites de Benoît
Benoît vient souvent me voir, il m’apporte beaucoup de réconfort. Il prend soin de moi, comme lorsqu’il m’a apporté un bonnet et une écharpe pour mon mari incarcéré, ou encore des colis. Et récemment, il m’a proposé de prier : il m’a offert une médaille, et un petit livre pour m’aider à prier. Je n’avais pas l’habitude de prier comme ça, mais je prie tous les soirs. Ça me fait plaisir. Je suis parfois déçue, mais j’y crois. Prier nous enlève un peu le mal qu’on a. On se sent libéré, même si ça revient après. Il n’y a que Dieu qui m’apporte la confiance.
ROMAIN, 20 ans de maraudes et d’adoration eucharistique avec les Semeurs d’Espérance)
Je vois le « sacrement du pauvre » et celui de l’Eucharistie comme se répondant l’un à l’autre. Dans cette dynamique, la rencontre et la prière avec le « Christ sans abri » transfigurent le langage des regards. Je quitte les habits de la pitié et de la culpabilité pour revêtir ceux de la joie et j’ose le dire, de l’émerveillement. Je tombe le masque et me laisse bousculer dans ma vulnérabilité pour faire d’elle une crèche. Mes amis de la rue ouvrent ma porte lourde d’une richesse qui parfois fait rempart à l’essentiel. Ils me donnent, tournés vers l’autel, main dans la main, de plonger dans le mystère de Noël.
ALEXANDRE,
coloc de Lazare à Lyon
Je passe mes journées à prier. Je récite mentalement le « Je vous salue Marie », et je regarde une icône du Christ. Je Lui parle comme je vous parle. Ma vie n’est pas facile : je suis malade et dans l’incapacité de travailler, et c’est compliqué avec ma famille. Dans la prière, Marie m’a demandé de garder la foi et la patience. Je fais mémoire de cette promesse que je lui ai faite, et j’attends la délivrance de mon état de maladie. La prière donne un autre sens à ma vie. Grâce à elle, je sais que je suis quand même utile à mon prochain dans la Communion des Saints.
SUITE DU DOSSIER "PRIER À L'ÉCOLE DES PAUVRES"
C’est par les pauvres que Dieu veut parler à notre monde
Engagée avec son mari depuis plus de 35 ans au sein d’ATD Quart Monde, Maryvonne Caillaux a fondé dans les années 2000 La Pierre d’Angle, réseau de petites communautés de prière qui rassemblent des personnes pauvres et d’autres qui se joignent à elles.
Prier à l’école des Pauvres
Il est souvent délicat de trouver la juste place au témoignage de foi et à la prière dans l’action caritative. Et si les Pauvres eux-mêmes nous enseignaient à prier, une fois établie la relation de confiance et d’amitié ? C’est en tout cas le chemin que propose l’Église, de l’Évangile au pape François, en passant par saint Vincent de Paul.