
Sept conseils pour aider une personne
éloignée du numérique
Pas besoin d’être geek
Pour aider une personne éloignée du numérique, non seulement il n’est pas nécessaire, mais bien souvent, il n’est pas même souhaitable d’être expert. Ce qui compte, c’est d’établir une relation apaisée, bienveillante. La fraternité, l’accompagnement, ce n’est pas d’être un sachant, c’est de faire avec, humblement, sans se mettre soi-même sur un piédestal surplombant.
Lisez entre les lignes
Il peut être très difficile, pour une personne souffrant d’illectronisme, de demander de l’aide. Malheureusement, la honte et le sentiment de déclassement qui accompagnent la précarité numérique isolent ceux qui en sont victimes. N’attendez pas qu’on vous demande de l’aide, soyez force de proposition !

Trouvez le bon levier de motivation
Commencez par former la personne sur les usages qui changeront significativement son quotidien. Il vaut mieux commencer par des services simples, ludiques, comme les moyens de communiquer avec des proches à distance.
Ne réinventez pas la roue
Inutile de vous casser la tête à concevoir des dispositifs de formation. Ils existent déjà et sont disponibles gratuitement, par exemple sur :
Les Bons Clics :
www.lesbonsclics.fr/fr
Emmaüs Connect :
www.emmaus-connect.org/notre-action
Mes droits sociaux :
www.mesdroitssociaux.gouv.fr/accueil

Rien ne sert de courir
Si votre objectif consiste à sortir une personne de la précarité numérique, il faut accepter que cela va prendre du temps. Si vous vous découragez, vous prenez le risque de faire vivre un nouvel échec à cette personne qui a déjà perdu confiance en elle. Soyez donc patient.
Dédramatisez les erreurs
La quasi-totalité des opérations informatiques sont réversibles. En réalité, se tromper sur un outil numérique permet souvent de découvrir de nouveaux chemins et de développer sa connaissance. Encouragez la curiosité de trouver des solutions plutôt que le strict respect d’une procédure rigide.
Sensibilisez aux vrais risques
Le numérique comporte certains risques tels que les arnaques, les piratages, les addictions… Sitôt la confiance de l’usager retrouvée (pas avant), enseignez-lui la vertu de prudence pour utiliser les outils numériques en toute sérénité.






Brigitte Dubois
Inscrite à l’association Découverte informatique, Bray-Dunes (59)
©DR
« Quand je travaillais, je n’avais pas le temps d’approfondir le numérique. Maintenant que je suis retraitée, j’essaie de garder une communication sociale avec tout le monde. L’outil informatique, ça permet d’être indépendant. Quand on ne le maîtrise pas, on dépend toujours de l’un ou de l’autre, que ce soit pour les démarches administratives ou pour accéder à toutes sortes d’informations, notamment culturelles. J’ai la chance d’avoir l’association DIBD à côté de chez moi. J’y ai rencontré des formateurs pédagogues et qui prennent leur temps. Certains sont assez âgés et ils font preuve d’une patience admirable. »
SUITE DU DOSSIER "Fracture numérique et sociale : comment lutter contre les inégalités ?"
Fracture numérique et sociale : comment lutter contre les inégalités ?
La crise sanitaire l’a révélé : le numérique s’impose à tous avec un succès inégal. Créateur d’opportunités, il produit également de l’exclusion. L’enjeu à présent :
le rendre plus démocratique et inclusif, à travers la formation et l’accompagnement de tous ses usagers potentiels, même les plus éloignés.
« On peut faire de l’innovation un progrès social ! »
Créateur de deux initiatives pionnières en matière d’accompagnement des publics à la transition numérique, Jean Deydier met en avant les opportunités que comporte le digital… mais sensibilise aussi au risque de laisser à quai une partie importante de nos concitoyens.