
UN TRÉSOR DANS DES VASES D’ARGILES
Solitude et oubli d’autrui : tous un rôle à jouer
Nous vivons un bouleversement général qui produit une fragilité généralisée de nos sociétés. Celles-ci ont perdu leurs cadres et repères. Sur ces questions de fragilité, nous sommes à l’articulation du sociétal et de l’individualisme, et une accentuation de la solitude dans nos vies.L’émotion devient le vecteur central de notre rapport au monde. Le culte de la performance et l’impératif d’être soi touchent de plus en plus de personnes dans nos sociétés, avec le risque de la dépression et de l’utopie.
Voici le témoignage de Jean-Marie, rencontré sur le groupe Facebook « Et si on parlait de solitude et d’isolement ». Ce groupe interactif et participatif offre à ses membres la possibilité d’exprimer leurs souffrances dues à l’isolement et à la solitude.
« Je suis seul à Jarnac, personne ne vient me voir, personne ne s’intéresse à moi, ma famille m’ignore totalement, car je suis invalide ! Je dérange, je gêne… »
Reconnaître autrui comme autre, ne pas le nier, le mettre en valeur, le considérer. Le beau risque de l’autre se joue dans la réciprocité. Nous vivons alors une présence qui a foi en l’autre…
« Un rêve que je fais très souvent : qu’un bénévole m’appelle, vienne me chercher pour faire ensemble un bout de chemin, que je m’aperçoive que je peux être encore utile à quelque chose, que l’on s’intéresse tout simplement à ma personne. Chacun a besoin de se sentir exister, de pouvoir donner (même un peu).
Que j’arrive à établir une relation de confiance, en effet, cela me demande du temps, de la patience et de l’énergie. »
Comment redonner envie, donner envie d’avoir envie ?
Jean-Marie me répond : « C’est d’être avec une équipe, de faire un partage. Je souhaite que les bénévoles d’une association me redonnent confiance en me confiant une « petite » mission, cela m’aidera à faire une relecture de ma vie, de sentir que l’on a besoin de moi, d’avoir de la considération. N’est-ce pas également la volonté des membres de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, de permettre à des personnes fragiles de devenir également bénévoles ? ». C’est partir vers une aventure, permettre à l’autre de repartir, d’avancer, en veillant à respecter la liberté de l’autre et vice-versa. C’est un engagement qui peut être lourd pour un bénévole, car c’est se diriger vers une inconnue, que l’on ne maîtrise pas, c’est aller vers… Que l’on vienne vers nous quand on ne peut pas se déplacer, c’est découvrir la personne sous un angle différent. Ce n’est pas facile certes mais c’est une autre façon de créer des relations.
« M’inviter tout simplement à un café ! Que je puisse échanger, vous faire découvrir qui je suis… ».
Mon espérance : être vrai, aller vers, en proximité, faire avec, connaître tout simplement ! Et regarder aussi la beauté de l’Espérance, qui nourrit mon Esprit et m’aide à vivre !
Les premières lignes de l’Écriture nous rappellent sa place essentielle : « Et Dieu vit que cela était beau ! » (Gn 1, 10)
Commission Spiritualité
EN SAVOIR +
Et pour nous aujourd’hui ?
Au sein de nos Conférences, comment favorisons-nous le témoignage et l’expression des plus fragiles ? Quels moyens construisons-nous ensemble ? L’attention à toutes les fragilités imprègne-t-elle nos prières de supplication et d’action de grâce au cœur des liturgies ? Repérons-nous, sur internet et tous les moyens qui nous sont offerts, les personnes en souffrance ? Comment venir en aide ?