NOTRE HISTOIRE
Disciples d’Ozanam
3 hommes aux avant-postes des avancées sociales
Ozanam est une des premières grandes figures sociales du 19e siècle. Beaucoup de disciples ont poursuivi les avancées sociales qu’il avait initiées. Arrêtons-nous sur trois hommes qui illustrent bien ce fait et à qui notre société moderne doit encore ces progrès sociaux.

C’est par Sœur Rosalie Rendu qu’Armand de Melun (1807-1877) découvre les misérables conditions de vie des ouvriers.

Le Père Jean-Léon Le Prévost (1803-1874) est
le fondateur des Religieux de Saint-Vincent-de-Paul. Il a été proclamé vénérable de l’Église catholique en 1998.

Émile Romanet (1873-1962), ingénieur français, est considéré comme l’un des précurseurs des caisses d’allocations familiales.
Armand de Melun
Il naît en 1807 dans l’Aisne. Étudiant à Paris, il y rencontre Lacordaire, Montalembert et bien d’autres. Il y rencontre également Sœur Rosalie. Par elle, il découvre le monde des pauvres. Membre du Conseil général de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, il crée la colonie agricole du Mesnil-saint-Firmin destinée à recevoir et à instruire, dans la science agricole, des orphelins et des enfants pauvres. Il fonde ensuite l’œuvre de la miséricorde pour les « pauvres honteux » qui accueille les personnes en précarité qui se sentent coupables d’être sans travail ou malades, et également l’Institution professionnelle de Saint-Nicolas qui consiste en des ateliers pour former des apprentis afin qu’ils trouvent ensuite
du travail. En 1843, Armand fonde l’œuvre des Apprentis, une association organisée par des prêtres soucieux de l’Évangélisation des ouvriers. Élu député d’Ille-et-Vilaine, et aidé par Victor Hugo, il obtint la création d’une commission parlementaire pour préparer des lois relatives à la prévoyance et à l’assistance publique. Il faut aussi souligner son travail pour construire des logements décents pour les ouvriers. Il œuvre également pour réformer des prisons et le travail des enfants dans les manufactures. Il meurt le 24 juin 1877.
Jean-Léon Le Prévost
Le 10 août 1803, né Jean-Léon à Caudebec, au pays de Caux. Obligé précocement de gagner sa vie par suites de malheurs familiaux, le jeune Le Prévost trouve un travail à Paris. Et – coup d’œil de la Providence ! – il fait la rencontre d’Emmanuel Bailly qui l’entraîne en 1833 dans le groupe qui se constitue sous le nom de « Conférence de Charité ». C’est Le Prévost qui propose à Ozanam et ses Confrères de placer la Conférence de Charité sous le patronage de saint Vincent de Paul. Il est Président de la Conférence de Saint-Sulpice en 1836. Le Prévost s’était marié. Veuf, il envisage la prêtrise et il est effectivement ordonné le 22 décembre 1860. Mais il est bien avant cette ordination le fondateur des Frères ou Religieux de Saint-Vincent-de-Paul. Hanté par les besoins sociaux des déshérités, des pauvres, de la masse ouvrière, toutes ses œuvres ont pour but de sortir les pauvres du prolétariat. Ainsi, donc, avec Maurice Maignen et Clément Myionnet, Le Prévost fonde la Congrégation des Frères de Saint-Vincent-de-Paul,qui est « le premier institut à se consacrer avant tout à l’Évangélisation de la classe ouvrière. »Parmi les œuvres initiées par Le Prévost et ses frères, il y a le patronage des apprentis où ces derniers reçoivent une formation humaine et une éducation religieuse, la caisse des loyers au service du logement des familles, ou encore l’asile des vieillards qui est la première maison de retraite. Il faut encore citer le Fourneau économique pour nourrir les pauvres en attente de travail, l’orphelinat pour accueillir les nombreux enfants dont les parents étaient décédés du choléra. De plus, Le Prévost crée « l’œuvre des bons livres » afin de mettre des livres entre les mains des pauvres et « l’œuvre du Catéchisme » pour les retardataires et les enfants inadaptés. Il meurt en 1874.
émile Romanet
Il naît le 16 mars 1873 à Ville-sous-Anjou en Dauphiné. Il entre en 1920 dans la Société de Saint-Vincent-de-Paul et fonde à Grenoble la première Conférence. Il va être toute sa vie un ardent promoteur de la doctrine sociale de l’Église. Il crée l’assurance par le travail, c’est-à-dire la participation des salariés aux résultats des entreprises, et la ruche populaire qui est un genre de coopérative permettant aux travailleurs de devenir propriétaires de leurs habitations à bon marché. Mais surtout, en 1918, il fonde à Grenoble la seconde caisse de compensation d’allocations familiales connue en France (quelques jours après celle de Lorient). Il est considéré comme le « père des allocations familiales. » En 1906, le voici créateur du conseil d’usine, préfiguration des comités d’entreprise, puis de la retraite supplémentaire, de salles de lecture, de jardins ouvriers, de bureaux de placement. Il meurt le 15 janvier 1962.
Jean-Claude Peteytas, diacre et Vincentien de Dordogne
EN SAVOIR +
Ces modèles à suivre
Armand de Melun, Jean-Léon Le Prévost, émile Romanet, ou d’autres encore comme Albert de Mun et Frédéric Le Play, sont disciples et successeurs de Frédéric Ozanam dans le sens où ces chrétiens ont montré « une foi active ». Leurs exemples nous invitent, nous Vincentiens, à répondre aujourd’hui à cet appel de Frédéric Ozanam : « si c’est la lutte de ceux qui n’ont rien et de ceux qui ont trop, si c’est le choc violent de l’opulence et de la pauvreté qui fait trembler le sol sous nos pas, notre devoir, à nous chrétiens, est de nous interposer entre ces ennemis irréconciliables. »(Ozanam – Œuvres complètes, 3e éd, tome 10.djvu, p. 222).