Une aide adéquate pour un accueil digne

Le saviez-vous ? Le père de la célèbre pyramide hiérarchisant les besoins humains, le psychologue Abraham Harold Maslow, est né en 1908 aux Etats-Unis d’un couple des réfugiés ukrainiens. Voici, pour lui rendre hommage, une ébauche de hiérarchie des besoins (non exhaustive) des réfugiés fraîchement arrivés sur le sol français :

Marie-Françoise Delwal, présidente de la conférence de Saint-Mihiel (55) ©DR « Dès que la guerre a éclaté, la mairie a rassemblé la Croix rouge, la SSVP, les Restos du Cœur, le Lions club, l’association des familles, les bailleurs sociaux… Chacun dans notre domaine de compétences, on est à l’écoute des besoins des Ukrainiens installés chez nous. On peut les chouchouter parce qu’ils ne sont pas trop nombreux. On leur a acheté des chariots pour déplacer les courses par exemple, car la plupart sont à pied. Les Ukrainiens sont très solidaires. C’est beau à voir, c’est inspirant ! Si la guerre se termine, on aimerait bien pouvoir garder le contact avec eux. On a largement dépassé la relation du simple accueil d’urgence. »
Alona Gryntsevych, installée à Wissembourg (67) e ©DR « Quand on est seul, on commence à penser à l’Ukraine, à ce qu’il s’y passe, à regarder les infos… c’est mauvais pour la santé mentale. Notre cerveau a besoin de répit de temps en temps. Avoir des occupations, être entouré, ça aide. Ça évite aussi de réfléchir au futur, à ce qu’on va devenir. Et ça nous permet de nous familiariser un peu avec la langue française. On a besoin de mieux communiquer, de suivre des cours, de découvrir la culture et les traditions, pour se connecter avec les gens. J’aspire à rentrer chez moi mais pour le moment, je suis plus utile ici, en sécurité, à raconter notre vérité. Je ne veux pas représenter un poids pour mon pays. »  
Hanna Antokhina, installée à Wissembourg (67) ©DR « J’ai fui la guerre, je craignais pour ma vie. J’étais manager en communication dans une grande entreprise d’équipement industriel à Kiev. Mon mari a rejoint l’armée, je suis venue ici. On avait le projet de fonder une famille. Ma vie serait douce si j’avais choisi mon départ, si je pouvais rendre visite aux miens quand je le souhaite. Rentrer chez moi, c’est trop dangereux pour mon intégrité physique et psychique, mais c’est un déchirement. Je ressens tellement d’émotions contraires ! Je voudrais remercier les Français, votre soutien nous émeut aux larmes. Dans mon pays, des citoyens meurent. Pas seulement des soldats. D’autres ont tout perdu. »
Gabriel Vieille, bénévole à la Roche d’Or (25) ©DR « Si je m’engage auprès des réfugiés ukrainiens, c’est en écho aux deux paroles du Christ « ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites » et « j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ». Parce que je crois aussi que tous les humains sont profondément reliés comme des branches sur un même tronc, chaque geste, chaque attention, chaque service a forcément une répercussion sur l’ensemble de l’humanité. Comme nous sommes sur terre pour apprendre à vivre d’un amour inconditionnel, cette mission me permet aussi de voir si je suis déjà dans une gratuité totale ou si certains jours, j’attends quelque chose en retour. »

SUITE DU DOSSIER "Guerre en Ukraine : 
le défi de l’accueil?"

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