AU CŒUR DE L’ACTION • MAIN DANS LA MAIN
15 Juillet 2020

Pierre entouré des élèves et de deux Lazaristes du Petit séminaire lors de la visite de Michel Lanternier.

Volontariat

Une année au Cameroun

Grâce au partenariat entre la SSVP et la Délégation Catholique pour la Coopération (DCC), Pierre Veillon est parti pour une mission d’un an au Cameroun. Il nous partage la fin de son volontariat en tant qu’enseignant au sein du Petit séminaire Saint-Joseph de Kibri à Nyamfendé.

Pour tenter de revitaliser Nyamfendé, petit village dans les collines du sud, terre de mission, les Lazaristes sont chargés de la paroisse et du Petit séminaire (sorte de collège) qui s’y est implanté accueillant 19 élèves. Nous étions cinq : père Gabriel, le recteur ; père Jacob, le curé ; deux stagiaires lazaristes, frères Michael et Xavier ; et moi. Ma mission s’est élargie dès le début de l’année. En plus des cours (sciences et vie de la terre, maths et musique), je me suis retrouvé en charge des relations avec les professeurs pour les problèmes pédagogiques, les salaires, les contrôles…

Lâcher prise

À cause de la pandémie de Covid-19, les écoles ont été fermées du 19 mars jusqu’au 1er juin. Seuls les deux élèves de troisième sont revenus au Petit séminaire pour préparer le BEPC (brevet) programmé début juillet. En attendant la reprise des cours, j’ai été confiné au scolasticat Saint-Vincent-de-Paul à Yaoundé, plus proche d’un hôpital, avec Isabelle, volontaire DCC elle aussi. Nous avons trouvé chacun une nouvelle façon de nous mettre au service. Pour ma part, j’ai donné un coup de main à la bibliothèque pour qu’elle soit plus enrichie en ouvrages et plus attrayante pour les séminaristes.

Une année riche d’enseignements

Le métier d’enseignant s’apprend chaque jour, surtout lorsque le référentiel est différent. Ici poussent les arachides, le ndolè et autres plantes qui m’étaient inconnues et dont je me suis servi pour illustrer mes cours. Presque chaque jour, Mama Modèle (la cuisinière du presbytère) m’a appris une nouvelle expression en ewondo, langue parlée par les habitants avec le français. Le matériel pédagogique était très réduit, ce qui m’a poussé à être imaginatif en apprenant par exemple aux élèves à fabriquer une équerre ou un rapporteur en papier. Les programmes sont très denses. Les élèves sont de niveaux très inégaux, notamment en 6e où on voit clairement une différence entre ceux qui viennent des écoles de « brousse » et ceux de la ville. La tâche n’était pas aisée avec le faible effectif des 3e. Comment créer de l’émulation à deux ? Pourtant lentement, j’ai vu des progrès. C’est une des plus grandes joies pour un enseignant.

Propos recueillis par Anne-Marie Tossou, rédactrice en chef

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