AIDE ALIMENTAIRE Une journée avec Thérèse et son équipe

En plein confinement, alors que le monde ne fait plus de bruit, que tout est fermé, nettoyé, vidé, Thérèse Epaulard, présidente de la Conférence de la paroisse Sainte-Jeanne-de-Chantal et son équipe réussissent à nourrir une cinquantaine de familles en situation précaire toutes les semaines, presque comme si rien n’avait changé.

Par Alix de la Roncière, journaliste

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15 Juillet 2020

10 h

10 h 30

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Rendez-vous pris derrière l’église Sainte-Jeanne-de-Chantal (Paris 16e) pour la livraison alimentaire. Philippe, le chauffeur, ouvre en grand son camion chargé de denrées. Des fruits et légumes à foison et toutes sortes de produits de première nécessité transmis par la Banque alimentaire : des cageots, des barquettes remplis de bananes, sucre, chocolat… « De quoi cuisiner à la maison pour la semaine » explique Thérèse, présidente de la Conférence. Une tâche impossible à organiser sans bénévoles. Or, les habitués sont absents pour éviter les risques du Covid-19.
Si Thérèse n’était pas là, je serais dans le besoin, vraiment dans le besoin.

10 H 10

Heureusement, Thérèse a tout prévu, le renfort arrive : des jeunes en jean et baskets apparaissent, les bras chargés, jusqu’au lieu de tri. Telle Mathilde, une étudiante qui court déposer son carton. Cette grande blonde avait contacté Thérèse en janvier pour « aider ». C’est finalement lors du confinement que Thérèse l’a sollicitée : « il faut se laisser déplacer par les jeunes ».

10 H 30

Mathilde rejoint Frédérique, une autre bénévole recrutée pour la circonstance, occupée à répartir les aliments qui seront distribués dans l’après-midi aux différentes familles. « Je suis incapable d’exercer mon métier d’infirmière en ce moment parce que je suis blessée au bras mais je ne supporte pas de rester sans rien faire. »

14 H 30

L’après-midi, une deuxième équipe prend le relais pour la distribution des aliments : elle donne généreusement à chacun. Didier un bénéficiaire, attend son tour. Cet ancien légionnaire est devenu infirmier, mais il a subi des problèmes cardiaques au point de devoir cesser toute activité professionnelle, il y a deux ans. Depuis lors, ce père de trois enfants vient remplir son caddie ici : « On vient aussi pour prendre des nouvelles des gens qu’on connaît. Les bénévoles sont vraiment formidables. Prenez Thérèse, toujours le sourire. Dès qu’il y a un petit problème, elle le désamorce tout de suite. Si elle n’était pas là, je serais dans le besoin, vraiment dans le besoin. Quel courage d’assurer quand même la distribution malgré le coronavirus ! »

 15 H

La vie des bénéficiaires s’arrête parfois à l’issue d’un accident de la vie très ordinaire, un divorce, une perte d’emploi, une maladie. Françoise a ainsi fait un burn-out qui a entraîné la perte de son travail de comptable chez Orange en septembre dernier. Sa vie a basculé. Mais malgré ses difficultés, elle s’estime bien entourée : « Ici les gens sont charmants et à l’écoute. On nous reconnaît… C’est chaleureux, en fait. »

EN SAVOIR +

La solidarité à l’ère du Covid-19

Comment Thérèse Epaulard assure-t-elle une distribution alimentaire en pleine pandémie de coronavirus ? Quand le confinement débute, elle trouve un livreur et son camion auprès de la Conférence de Saint-Honoré-d’Eylau et de l’Entraide protestante. Le véhicule transite par la Banque alimentaire et livre le jeudi matin. Thérèse prévient les bénéficiaires grâce aux coordonnées transmises par le CCAS. Il lui manque maintenant des bénévoles ; elle alerte alors le diocèse qui recrute des jeunes pour ses missions. « Nous vivons ensemble une vie de quartier : on se croise sur le marché… J’éprouve alors une grande joie. Quand les bénéficiaires ne viennent pas, quelque chose me manque » confie Thérèse.

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