UNE SOIRÉE…
à l’Épifree Saint-André, épicerie solidaire et fraternelle

Du dentifrice, des pâtes, du shampoing. On trouve de tout à l’Épifree Saint-André, épicerie solidaire au cœur de Lyon. Depuis que cette initiative paroissiale a vu le jour, début mars, les étudiants se passent le mot : « C’est un bon plan. » Lundi 19 avril, plus d’une soixantaine de jeunes défilent dans la crypte pour remplir leurs sacs à dos de victuailles pour la semaine.

Par Alix de la Roncière, journaliste – Crédit photo : ©SSVP-Alix de la Roncière

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10 septembre 2021
 

18 h
© SSVP – Alix de la Roncière
 

18 h 15
© SSVP – Alix de la Roncière
 

18 h 30
© SSVP – Alix de la Roncière
 

18 h 45
© SSVP – Alix de la Roncière
 

19 h
© SSVP – Alix de la Roncière

18 H

Sur place, tout est offert : discuter, grignoter, écrire une lettre, faire ses courses… L’Épifree a ouvert ses portes en pleine pandémie, et son concept, basé sur la rencontre et la gratuité, fonctionne très bien auprès des jeunes, tel Romain, 24 ans. « Voici ton ticket » propose Mathilde, bénévole tout sourire : « Tu pourras prendre huit produits alimentaires et d’hygiène. » L’étudiant patiente dans la nef où d’autres bénévoles discutent avec lui. « Clairement, ça fait du bien de voir du monde » reconnaît Romain.

Avec la pandémie, nous sommes sommés d’être passifs, mais tout le monde a soif d’autre chose.

18 H 15

C’est aussi ce que pense Grace, 19 ans : « Venir ici me permet de sortir. Au moins, je ne reste pas isolée, renfermée. » Du côté des volontaires, la satisfaction domine également : « Ça fait du bien de se rendre utile, cela m’apporte beaucoup de joie. En ce moment [avec la pandémie], nous sommes sommés d’être passifs, mais tout le monde a soif d’autre chose » assure Marie, en charge de l’équipe des jeunes de la SSVP.

18 H 30 
De son côté, le responsable de la pastorale jeunesse, le père Jacoud, avait été frappé « de sentir que les jeunes avaient besoin de rencontres ». Pour pallier la détresse étudiante – marquée par des tentatives de suicides à l’université – il décide avec des bénévoles de fonder l’Épifree, mi-forum, mi-épicerie. Dans ce cadre, les volontaires font connaissance avec un Syrien de 29 ans, Mree, qui déplore : « C’est très difficile de payer mon logement et ma nourriture, car je n’ai pas de travail. » L’équipe l’aide à s’orienter dans ses études, et l’épicerie solidaire contribue à alléger son budget consacré à l’alimentation.

18 H 45 
La précarité ou l’isolement sont des réalités vécues par bien d’autres étudiants, comme ces trois italiennes qui arrivent ensemble, Serena, Aurora et Elisa, âgées de 23 à 25 ans. « Cette épicerie est un bon moyen de nous soutenir pendant cette période difficile » assure Serena, en parka rouge : « On sent beaucoup de chaleur chez les bénévoles. » « Nous sommes toutes les trois en Erasmus* » poursuit Elisa – cheveux lâchés : « Nous ne connaissons personne. Ici, c’est comme une famille, nous ne sommes pas seules. »

19 H 
C’est au tour maintenant d’Emma et Jules, 22 ans, de découvrir l’Épifree. « Je trouve qu’il y a beaucoup de douceur dans les échanges, c’est très chaleureux » assure Emma. Jules, lui, est frappé par l’abondance des dons : « C’est étonnant de voir qu’il y a autant de gens qui donnent. C’est cool ! » Chacun reconnaît à l’Épifree un « truc » en plus, peut-être l’occasion rêvée de vivre la fraternité ?

EN SAVOIR +

Une paroisse en mission

La Pastorale des jeunes et l’équipe des jeunes bénévoles de la SSVP coaniment l’Épifree sous l’œil bienveillant du père Thierry Jacoud, curé de l’église Saint-André de Lyon. Les jeunes effectuent régulièrement de grandes collectes alimentaires dans les supermarchés. Les produits récoltés sont ensuite distribués dans la crypte. Quand la nuit vient, les bénévoles prient ensemble. Pourquoi reçoivent-ils les bénéficiaires dans l’église ? « La raison est pragmatique et symbolique : la plupart des bénévoles de l’Épifree sont chrétiens. Ils rencontrent donc, au nom du Christ, dans un bel espace orné de vitraux ». Cela signifie « que l’on prend soin de ceux que l’on accueille », explique le père Jacoud. « Notre cœur de métier est la solidarité ; il faut susciter des projets qui favorisent la communion ».

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