Rentrée de la conférence Jeunes de Dijon
Une soirée pour recruter
de nouveaux bénévoles
Fin septembre, la Conférence jeunes Sainte-Élisabeth de la Trinité, à Dijon, lançait officiellement son année au cours d’une soirée. L’occasion de se faire connaître auprès des étudiants du campus bourguignon, de renouveler ses engagements et de faire des émules. Reportage sur place, la veille de la fête de Saint-Vincent-de-Paul.
Par Joseph Vallançon, journaliste
Crédit photo : Joseph Vallençon
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16 h
Dans une pièce du Centre catholique universitaire (CCU) de Dijon, Bénédicte, présidente de la Conférence jeunes locale, et Paul, trésorier, s’activent autour des poissons sur le dos desquels figure une bonne action. « C’est un moyen tout simple d’attirer de nouveaux étudiants », explique Bénédicte. Au printemps dernier, trois Vincentiens avaient dû quitter la Conférence à cause de leurs études. En dépit de cette mobilité, la Conférence jeunes de Dijon arrive à maintenir chaque année les effectifs « aux alentours de neuf ou dix jeunes. » À côté, dans la cuisine, trois étudiantes s’activent dans la bonne humeur pour préparer le dîner tandis que d’autres dressent les tables et le couvert dans la salle à manger. Branle-bas de combat pour la soirée : la Conférence a convié tous les étudiants de l’aumônerie catholique du campus.
20 h
À la fin de la messe débutée une heure plus tôt dans l’église attenante, le père Matthieu Delestre, aumônier du CCU et conseiller spirituel de la Conférence jeunes, bénit l’engagement annuel de Bénédicte, Cellia, Gabrielle, Henri-Joël, Hermann et Paul « à servir au sein de la Conférence de Saint-Vincent-de-Paul. » La solennité du moment est un vrai témoignage pour la centaine d’étudiants présents et pour les membres de la Conférence aînée. Il manifeste aussi à ceux qui ne connaissaient pas l’association, que la solidarité peut être prise au sérieux quand on a vingt ans.
20 h 30
Les douze tables dressées l’après-midi sont rapidement occupées par les jeunes convives. Line, 29 ans, venue du Gabon il y a trois ans pour étudier l’histoire de l’art, est là, discrète. «Je suis venue parce que j’ai beaucoup reçu de la part des Vincentiens depuis que je suis installée ici. »
Dans le brouhaha des discussions qui traversent la salle à manger, Line semble attirée par la convivialité et la simplicité de l’ambiance. Elle avoue même être « tentée de s’engager auprès des plus pauvres avec la Conférence et par reconnaissance de tout ce que celle-ci a fait pour [elle]. »
22 h 30
Une courte saynète est jouée pour illustrer la charité en acte : le Bon Samaritain descend de sa monture pour venir en aide à l’homme laissé pour mort par des bandits. Une présentation vidéo de la SSVP suit ainsi le témoignage de deux anciens membres de la Conférence, aujourd’hui jeunes professionnels, venus raconter leur expérience passée.
23 h
Les complies sont achevées dans l’oratoire. L’équipe vincentienne en sort sereine bien qu’elle n’ait pas prévu un tel débordement d’horaire : « Peut-être, que le quart d’heure de plus qu’a duré la messe à cause de notre engagement nous aura permis de donner envie aux autres de nous rejoindre ? » interroge la présidente. « Quatre ou cinq étudiants nous ont dit être tentés », nous confie-t-elle. Heureusement, car la Conférence a encore du pain sur la planche entre les prochains colis alimentaires à distribuer, les vêtements à fournir aux plus démunis, l’accompagnement et les conseils à donner aux étudiants d’origine étrangère « qui ne comprennent pas grand-chose à l’administration française ». Prochaine étape ? Proposer un numéro de téléphone accessible tous les jours. « Dès qu’on aura trouvé un forfait, nous inscrirons le numéro sur le flyer qu’on prépare. Et on fera tourner le téléphone toutes les semaines à tour de rôle pour répondre aux besoins » prévoit Bénédicte. Une initiative novatrice pour cette Conférence bourguignonne dont l’année a démarré sur les chapeaux
de roues.
Je suis venue parce que j’ai beaucoup reçu de la part des Vincentiens depuis que je suis installée ici.

EN SAVOIR +
Une action sur un poisson
Tout a commencé par un petit poisson qu’on m’a distribué à la fin d’une messe, lors de ma deuxième année d’études à Dijon. Dessus, il y avait marqué : « Aujourd’hui, je vais sourire à un sans-abri. » Je ne sais pas pourquoi mais cette parole m’a énormément touchée : je pense que j’ai réalisé qu’une simple action, gratuite comme celle-là, qui ne consomme même pas de temps, peut faire un bien fou à une personne. Le poisson est resté affiché au-dessus de mon bureau et l’idée est restée dans ma tête. La prépa terminée et arrivée en école d’ingénieur, comme j’avais plus de temps, j’ai contacté la Conférence jeunes Sainte-Élisabeth de la Trinité et j’ai fini par m’y engager.
Gabrielle Biju-Duval,
secrétaire de la Conférence jeunes de Dijon
